Alors que le gouvernement prévoit de recruter 17.885 agents publics en 2027, dont 9.000 pour l’Education nationale, l’absence de priorité explicitement accordée à la santé publique suscite des inquiétudes. Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre le 23 octobre, l’Organisation de la société civile des Médecins conscients pour la Refondation (OSC-MCR) réclame des engagements concrets pour redresser un système de santé confronté à des difficultés persistantes.
Des hôpitaux sans personnel suffisant, des médicaments qui manquent et des infrastructures parfois inadaptées aux besoins : pour l’OSC-MCR, la santé publique ne peut plus rester en marge des priorités nationales. L’organisation interpelle directement le chef du gouvernement sur la place accordée aux soins dans les orientations annoncées pour 2027.
Sur les 17.885 recrutements de fonctionnaires prévus, près de la moitié, soit 9.000 postes, sont destinés à l’Education nationale. L’électricité, l’agriculture et l’éducation figurent également parmi les secteurs prioritaires présentés par le gouvernement. Mais la santé publique n’y apparaît pas explicitement. Une omission qui interroge les médecins, alors que les besoins en ressources humaines et en équipements restent importants.
Des infrastructures sans moyens suffisants
Dans sa lettre ouverte, l’OSC-MCR dresse un constat
préoccupant du fonctionnement du système sanitaire. Elle pointe l’insuffisance du personnel médical, aussi bien en milieu urbain que rural, les pénuries de médicaments et de consommables médicaux, ainsi que les déficiences de certaines infrastructures. A ces difficultés s’ajoutent des problèmes de gouvernance, un manque de transparence et une gestion opaque des données sanitaires, qui compliquent la prise de décision.
Pour l’organisation, construire des hôpitaux et des centres de santé de base ne suffit pas. Ces établissements doivent disposer de professionnels en nombre suffisant, d’équipements adaptés et de médicaments pour assurer des soins conformes aux normes requises. L’OSC-MCR demande ainsi au gouvernement de préciser les mesures concrètes et durables envisagées pour renforcer le système de santé.
Elle plaide également pour la concrétisation du statut particulier des médecins, une revendication qu’elle estime toujours en attente. « Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? » Par cette interpellation, les médecins appellent à faire de la prévention et de l’investissement dans la santé publique des priorités effectives, plutôt que d’attendre que les situations deviennent critiques pour agir.
Fahranarison





