C’est indéniable que les réseaux sociaux favorisent la liberté d’expression dans le bon sens du terme, considérés même comme de nouveaux baromètres de l’opinion publique, à l’ère numérique. C’est devenu un espace « populaire » en ligne où on peut presque tout dire, dénoncer, contester, interpeller et commenter des faits et d’actualité, sur le vif et parfois sans filtre. Et ce n’est que l’une des facettes des réseaux sociaux qui facilitent aussi la communication, les échanges démocratiques et les partages d’information.
Car force est aussi de constater que les réseaux sociaux sont utilisés pour manipuler l’opinion et influencer les débats politique, social…L’objectif est de transforment la manière de penser et de s’exprimer, avec des fausses informations qui se propagent plus vite que la vérité. D’autant que d’après des études, les internautes ont tendance à croire aux fakes news plus sensationnels et captivants. Ils en raffolent même à tel point qu’ils croient n’importe quoi et n’arrivent plus faire la distinction entre les informations exactes et les fausses nouvelles.
Et comme si la désinformation ne suffit pas aux manipulateurs d’opinion cachés sous de faux comptes anonymes, ils lancent de campagne de diffamation sur les réseaux sociaux, avec des allégations mensongères visant quelqu’un, dans la ligne de mire. Le but n’est pas seulement de manipuler et d’influencer l’opinion, mais également de créer des tensions et des dissensions transformant les réseaux sociaux en un véritable milieu hostile où la frontière entre espace privée et espace publique, est poreuse. S’ensuivent après les discours haineux, les injures et les commentaires acerbes et déplacés pour porter atteinte à l’honneur de la personne visée.
Tout cela pour dire que la cybercriminalité est devenue un fléau social qui continue de gagner du terrain si on se laisse faire. Elle nuit à la démocratie et à la liberté d’expression. Le projet de loi y afférente composé de 96 articles, est actuellement entre les mains de députés pour un deuxième examen au fond. La création de l’Unité de protection et d’investigation numérique (Upin) et des peines de deux à cinq ans d’emprisonnement et des amendes de 5 à 50 millions d’ariary pour l’utilisation de faux comptes ou de fausses identités, sont parmi les dispositions qui font débat Mais on dit, la loi est dure, mais c’est la loi, sinon les réseaux sociaux deviennent des fléaux sociaux.
J.R





