Parfois, des chiffres en disent davantage que de longs discours. Le gouvernement dispose de pas moins de 724 projets d’investissement public, pour des besoins de financement évalués à 28.680 milliards d’ariary. En face, une enveloppe de seulement 1.000 milliards d’ariary est disponible à répartir.
Les besoins sont considérables avec des routes dégradées, des infrastructures scolaires et sanitaires insuffisantes, des difficultés d’approvisionnement en eau et en électricité. Les urgences s’accumulent depuis des décennies. Chaque ministère peut légitimement défendre ses projets. Chaque collectivité peut faire valoir ses attentes. Mais lorsque les demandes représentent près de 29 fois l’enveloppe disponible, la question n’est plus seulement de savoir quels projets financer. Elle devient celle de la cohérence même du programme des investissements publics.
En effet, gouverner, ce n’est pas promettre de tout réaliser. C’est avant tout établir des priorités, assumer des choix et expliquer les renoncements. Une responsabilité difficile à assumer dans un pays où les annonces de projets ont longtemps servi à entretenir les espoirs, parfois sans véritable garantie de réalisation.
La tentation est grande de vouloir satisfaire tout le monde, de multiplier les engagements et de répartir les crédits entre une multitude d’initiatives. Mais à force de vouloir répondre à toutes les demandes, l’Etat risque de ne résoudre aucun problème en profondeur.
Le danger réside précisément dans cette dispersion des moyens. Un chantier commencé puis abandonné ou une infrastructure construite mais dépourvue des équipements nécessaires représentent autant de ressources publiques immobilisées sans bénéfice réel pour la population.
Dans ce contexte, la Refondation dispose d’une occasion de rompre avec certaines pratiques budgétaires. Plutôt que de privilégier les projets les plus visibles ou les plus politiquement rentables, elle devrait donner la priorité à ceux qui améliorent réellement les conditions de vie et soutiennent durablement l’activité économique.
Tivo Rasam





