Musique du terroir : le Bagasy s’exporte en France

Membre de R’Imbosa et non moins N°1 de l’association Sehatra Bagasy, Lydie Ratefiarison dresse un bilan de sa tournée en France en juillet. Interview.

*Les Nouvelles : Dans un premier temps, parlez-nous de Sehatra Bagasy.
– Lydie Ratefiarison : L’association fédère depuis 2009 des musiciens, chercheurs, élèves et de simples collaborateurs amoureux de la culture. Sehatra Bagasy est née du constat selon lequel ce genre musical par excellence des hauts-plateaux, n’a jamais bénéficié d’une structure d’enseignement, d’accompagnement et de développement propres à ses préoccupations. Actuel­lement, l’association compte plus d’une centaine de membres actifs repartis aux quatre coins de la Grande île.

*Vous êtes récemment élues présidente de Sehatra Bagasy, quels sont vos projets ?
– La vision et le projet de Sehatra Bagasy restent les mêmes, même si les dirigeant et les membres du bureau changent : faire revivre le kalon’Imerina et le promouvoir au plus grand nombre. Il faut souligner que le Bagasy est une culture avant d’être un registre musical. Cette forme d’expression empreinte de valeurs fortes, a voyagé au fil des époques et résonné sur la scène musicale, théâtrale jusque dans l’arène des troupes de Hiragasy.

*Comment la jeune gé­nération s’approprie-t-elle aujourd’hui cette musique?
– Au mois de mai, nous avons organisé le concours d’interprétation musicale «Tsara Hira Tsara Mozika» et l’engouement de jeunes participants témoigne de l’intérêt croissant pour le chant théâtral des hauts-plateaux. Bien souvent, le Bagasy est qualifié de « musique vieille ». C’est le cas, certes, mais faut-il souligner que les œuvres des compositeurs classiques comme Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Jean-Sébastien Bach (1685-1750) et Ludwig van Beethoven (1770 – 1827) ont plus de deux siècles et elles trouvent toujours échos au sein des chorales et formations classiques. Nos illustres aînés (Rainizanabololona, Samuel Ramefy, Andrianary Rati­ana­rivo) ne sont apparus que vers 1900.

*Des nouvelles de votre tournée en France?
– L’extension des branches de Sehatra Bagasy sous d’autres cieux, est l’une des raisons de notre périple dans l’Hexagone. La section France est déjà sur pied à l’issue d’une série d’ateliers et de concertations. Dans d’autres pays comme La Réunion, le Canada et les Etats-Unis, il y a également des groupes qui excellent dans le Bagasy. L’idée est de rassembler la diaspora autour de cette passion commune.

*Quel est votre agenda pour ce deuxième semestre de l’année ?
– Nous travaillons sur un grand projet, qui sera présenté au public mélomane au cours du dernier trimestre de l’année. En attendant, l’atelier ponctué d’une scène ouverte se poursuit à l’Ivon-toeran’ny kolontsaina malagasy (IKM) à Antsahavola chaque 1er samedi du mois, ainsi que le concert chaque 2e samedi du mois dans la grande salle de l’assurance Aro à Antsahavola.

Recueillis par Joachin Michaël

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