Manifestation du collectif des candidats: des citoyens expriment leur ras-le-bol

La grogne commence à monter face aux perturbations occasionnées par les manifestations organisées par le collectif des candidats à l’élection présidentielle. Ceux qui ont été toujours considérés comme « la majorité silencieuse » sont en train de hausser le ton et lancent aujourd’hui un appel à l’apaisement.

Munis de banderoles et de pancartes, des citoyens ont participé hier à des marches instantanées dans les six arrondissements d’Antananarivo. Leur message à travers des banderoles et pancartes était clair : «Laissez-nous travailler en toute sérénité, attendez l’élection. Non à la déstabilisation».
«Nous avons plus qu’assez des crises politiques. Celles-ci ont affaibli économiquement notre pays du­rant des années et nous ne voulons plus que cela se répète. C’est pour cela que j’ai décidé de rejoindre la marche d’aujourd’hui et montrer à ce collectif des candidats que nous ne sommes pas d’accord avec leur démarche», a déclaré une des participantes à la marche organisée du côté d’Anosibe.
Ce n’est pas la première fois que des citoyens ont exprimé ouvertement leur opinion par rapport à la manifestation organisée par ces candidats. Dans certains quartiers de la capitale, le passage du collectif des candidats a été parfois hué par les riverains qui affirment en avoir assez de la déstabilisation. C’était notamment le cas hier, du côté d’Anda­vamamba, Ambodivona ou encore à Analakely.

Droit de vote
De leur côté, des passants ont affiché leur soutien à cette marche pour l’apaisement, organisée dans les 6 arrondissements. Selon eux, la démocratie ne se résume pas seulement au respect du droit de manifester et n’est pas faite pour satisfaire seulement les intérêts de quel­ques individus. Ils soulignent qu’au-delà de ce droit, il y a aussi le droit de vote à travers lequel la majorité exprime son opinion. «C’est dans la promotion de ce droit des citoyens de voter en toute liberté que les politiciens doivent œuvrer, surtout que le pays se trouve actuellement dans une pé­riode électorale», ont-ils an­noncé.
«Nous sommes conscients des tensions et des divergences qui peuvent surgir en période électorale, mais nous exhortons tous les acteurs politiques et les citoyens à faire preuve de retenue, à éviter les discours haineux et à respecter les principes démocratiques», a insisté un passant à Amba­nidia, soulignant au passage que «Le débat politique sain est la pierre angulaire de toute démocratie, mais il doit se dérouler dans un climat de respect mutuel et de tolérance».

Conséquences
Depuis le début de cette manifestation organisée par le collectif des candidats, le quotidien des habitants de la capitale a basculé. Certains éprouvent des difficultés à rejoindre leur lieu de travail, leur lieu d’études, vu que les forces de l’ordre sont obligées d’installer des barrages inconvenants afin de protéger certains endroits stratégiques comme les centres commerciaux, les banques.
D’autre part, certains grands magasins, par peur des casses, ferment prématurément leurs volets, causant des pertes évaluées en mil­liards d’ariary par jour. Au­tant de raisons en tout cas, qui ont fait monter cette frustration populaire face à la campagne de déstabilisation menée par ces candidats qui ne sont visiblement pas prêt à aller vers les élections.

Tsilaviny Randriamanga

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