Trois jours après la fusillade à Andohan’Imandroseza qui a coûté la vie à un ancien directeur de l’Instat et ses quatre compagnons soupçonnés d’association de malfaiteurs, la gendarmerie sort finalement de son silence pour apporter plus d’éclaircissements sur cette affaire, hier matin, au camp d’Ankadilalana, tout en annonçant l’arrestation de cinq personnes.
Tout en veillant au secret de l’enquête, la gendarmerie a confirmé que les cinq individus abattus lors cette fusillade à Andohan’Imandroseza, n’étaient pas à leur premier coup. Selon les précisions, la bande aurait commis quatre attaques à main armée dans la capitale au cours de ces deux derniers mois, en utilisant le même mode opératoire. La première a été perpétrée le 31 octobre à Anjanamasina Anosiala, la deuxième le 2 novembre à Ankadikely, la troisième le 14 novembre à Bongatsara et la quatrième, le 19 novembre à Amboropotsy Talalamaty.
Les bandits s’invitent chez leurs cibles en tant qu’agents de la Présidence ou du Bianco. Mais une fois que le propriétaire des lieux accepte de les recevoir, ils montrent leur vrai visage et commettent sans hésitation leur forfait. La Toyota Land Cruiser criblée de balle, mardi, avait été aperçue aux environs des maisons attaquées à chaque fois.
Pour les forces de l’ordre, elles ont déjoué leur tentative d’attaque qui ciblait la résidence d’un général dans le quartier d’Anohan’Imandroseza. C’était une intervention militaire pure contre un gang sous filature, sans aucun lien politique.
Les responsables de la gendarmerie ont indiqué qu’à l’issue de l’intervention de mardi, ils ont découvert des faux cachets de la Présidence et du Bianco à bord du véhicule utilisé par les bandits. Il y avait aussi de fausses cartes d’identité nationale, des cellulaires, des étuis de balle, trois clés USB ainsi que des colliers en or volés durant des attaques commises précédemment.
Concernant l’existence d’une importante somme d’argent dans le véhicule, les gendarmes ont reconnu y avoir découverts des billets, sauf que c’étaient des coupons de 100 et 200 ariary éparpillés à l’intérieur du véhicule.
Et à entendre le lieutenant-colonel Tojo Raoilijon, commandant du groupement de gendarmerie Analamanga, les armes de guerre saisies sur les bandits à l’issue de la fusillade, n’appartiennent pas à la police ni la gendarmerie et encore moins à l’armée.
Cinq arrestations
D’après les explications de la gendarmerie, en plus des individus tués, cinq autres suspects ont été arrêtés depuis, dont un élément de l’armée en fonction, ancien commandant au niveau de la Force d’intervention spéciale (Fis). Le concerné est soupçonné d’être à la fois la tête pensante derrière les différentes attaques survenues ces dernières semaines à Antananarivo et le fournisseur des armes utilisées par les malfaiteurs.
Parmi les suspects interpellés, un adjudant récidiviste qui a déjà fait de la prison à la Maison de force de Tsiafahy. Le troisième est un civil, ancien détenu de la Maison centrale d’Antanimora. Les deux derniers sont des femmes soupçonnées de complicité. L’enquête se poursuit.
ATs.




