Dans plusieurs localités du pays, personne ne vit plus dans la sérénité. Si l’on ne se fait pas tuer, on se fait dérober, violer ou énucléer. En milieu urbain comme en milieu rural, l’insécurité sévit.
Les habitants des zones éloignées vivent chaque jour dans l’angoisse depuis longtemps, ce qui explique en partie le phénomène d’exode rural.
Il n’y a pas une journée qui passe sans que l’on n’apprenne dans les journaux, à la télé, sur les réseaux sociaux et à la radio, qu’un enlèvement, une attaque à main armée, une décapitation ou une énucléation se produit.
Effectivement, les forces de l’ordre communiquent régulièrement l’élimination ou l’arrestation de présumés malfaiteurs, le démantèlement d’un gang, ainsi que la saisie d’armes à feu et de balles. Pour autant, l’insécurité persiste.
L’on peut affirmer sans ambages que les bandits tués en 2023 se comptaient par centaines. Ce chiffre prend en compte tous les actes de banditisme notamment les cas de kidnapping, attaque à main armée, braquage de cash-point, vol de zébus et d’organes.
Regain d’insécurité à Ankazobe
Le fait le plus récent est sans doute l’importante opération militaire destinée à ramener l’ordre à Ankazobe, un district secoué par une série d’enlèvements contre rançon. Le déroulement de cette opération militaire a été largement relayé puisqu’outre les publications sur les réseaux sociaux, une émission spéciale y a été dédiée sur la chaîne nationale.
Au terme de cette opération, les forces de défense sécurité ont affirmé avoir définitivement maîtrisé la situation grâce à une large compagne de sensibilisation, ainsi que l’interpellation puis l’emprisonnement de maires, militaires et civils soupçonnés d’être auteurs ou complices des kidnappeurs, en plus de l’élimination de plusieurs présumés ravisseurs.
Or, dimanche, une puissante attaque s’est de nouveau produite à Andranomiely, toujours à Ankazobe. D’après les informations, le gang équipé d’armes de guerre, notamment des kalachnikovs et des Mas 36, a particulièrement ciblé les autorités locales. Il a tué par balle le maire de cette commune et a même voulu prendre d’assaut la caserne de la gendarmerie locale. Les gendarmes sont parvenus à repousser les bandits et en blesser quelques-uns.
Qui tire les ficelles dans cette insécurité grandissante ? A qui profite le crime ? Tout un chacun a son rôle à jouer dans la lutte contre l’insécurité. C’est d’ailleurs dans cet esprit que les autorités ont mis en place le système Tanamaron’ny Fandriampahalemana.
ATs.




