Commerce de khat: l’arrestation de trois revendeurs fait débat

L’interpellation, lundi, de trois revendeurs de khat aux 67 Ha, fait polémique depuis sa publication sur les réseaux sociaux, hier matin, notamment sur Facebook. De nombreux internautes qui ne voient aucune infraction à la culture de cette plante euphorisante haussent le ton.

«Le khat est une plante que beaucoup de personnes consomment dans la partie nord du pays. Son commerce qui se faisait librement depuis plus de 30 ans en ville, constitue-t-il actuellement une infraction pouvant occasionner une peine d’emprisonnement ?», se demandent les uns.
«Pourquoi avoir arrêté ces trois hommes qui cherchaient de l’argent en toute légalité ? Ils vendaient juste des plantes au vu de tous, contrairement aux dealers. Ils n’ont pas volé ni tué quelqu’un», lamentent les autres.

Un chanteur originaire de la partie nord du pays s’est même exprimé par rapport aux événements. «Tous mes morceaux sur lesquels vous dansez durant les fêtes, sont les fruits des inspirations provenant du khat. Aujourd’hui, il est interdit dans la capitale et non sur les terres Sakalava», déplore-t-il sur sa page Facebook.
Risque de l’augmentation de l’insécurité
De son côté, la police ne cache pas sa volonté à rétablir l’ordre dans la capitale. Selon ses dires, le khat est une substance psychotrope qui fait partie des drogues douces. Sa consommation peut conduire le consommateur à commettre des fautes graves comme le viol…
Aux 67 Ha, les gens se sont plaints de la vente de cette plante étant donné que les enfants du quartier, écoliers, étudiants… manifestent leur addiction à ce produit. Or après l’avoir con­sommé, ils deviennent violents et tombent même dans la délinquance. Par ailleurs, des bruits ont couru selon lesquels, les trois suspects vendaient également de l’héroïne.
La police a ainsi fait une descente sur place lundi et a arrêté trois revendeurs et trois consommateurs de khat. Après défèrement les revendeurs ont été placés sous mandat de dépôt à Antanimora, tandis que les trois consommateurs ont été relâchés.
Le khat est cultivé essentiellement dans la partie nord du pays : Antsiranana, Mahajanga, Nosy Be… Les populations de ces régions en consomment beaucoup. La plantation et la vente de ce produit contribuent d’ailleurs au développement de l’économie locale car son exploitation n’a jamais été interdite jusqu’à présent.

ATs.

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