Secteur bancaire: la fiscalité parmi les facteurs limitant le développement des activités

La « fiscalité » figure parmi les principaux facteurs limitant le développement des activités bancaires, outre l’« incertitude du contexte sociopolitique » et de la « conjoncture économique » évoqués par les trois quarts des banques interrogées par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) dans le cadre de son Enquête de conjoncture économique (ECE) auprès du secteur bancaire, réalisée au titre du troisième trimestre 2023.

L’Enquête de conjoncture économique (ECE) dans le secteur bancaire est réalisée quatre fois par an auprès des 13 banques territoriales à Madagascar. . Les résultats permettent notamment de revoir les conditions des activités des banques, dans le but d’ajuster le pilotage de la politique monétaire.

Cette enquête révèle que 75 % des banques interrogées identifient les incertitudes liées au contexte sociopolitique et économique comme les principaux défis à surmonter. De plus, la fiscalité, qui avait été reléguée à la dixième place dans une enquête antérieure, occupe désormais la troisième place des préoccupations majeures, selon 50 % des répondants.

Malgré ces défis, le secteur bancaire malgache a connu « une augmentation de la demande de prêts et des tirages sur les lignes de crédit (soldes d’opinion de +83,5 % respectivement) par rapport au trimestre précédent » note la BFM dans son rapport.

Les banques ont rapporté une hausse significative de ces indicateurs, avec « des taux de rejet de demandes de crédit restant généralement bas, inférieurs à 25 % ».

Toutefois, la majorité des banques ont enregistré une augmentation de leurs bénéfices malgré une hausse des coûts d’exploitation, elles ont également signalé « une révision à la hausse des taux d’intérêt moyens » pour compenser ces coûts accrus.

Des obstacles supplémentaires

L’inflation s’ajoute également aux défis rencontrés par les banques, citée comme un facteur limitant, d’après la moitié des institutions interrogées. De plus, selon les « normes réglementaires et les ratios prudentiels » imposés par les autorités de supervision, l’« insuffisance de garantie » ainsi que la « concurrence entre les établissements de crédit », sont des obstacles supplémentaires pour près de la moitié des banques.

Néanmoins, malgré ces défis, la plupart des banques ne craignent pas une expansion soudaine de la demande de crédit. Près de 95 % d’entre elles estiment qu’elles « pourraient faire face à une telle augmentation sans rencontrer des difficultés majeures ».

En termes de répartition des crédits, le secteur du commerce est identifié comme le principal bénéficiaire, représentant 24,5 % des crédits accordés, suivi par les secteurs du BTP (15,1 %), de l’agriculture (13,2 %), et des transports et de la distribution pétrolière (9,4 % chacun).

Malgré tout, le secteur bancaire malgache semble être assez résilient et capable de répondre à la demande croissante de services financiers. Cependant, pour stimuler davantage le développement économique, il est impératif que les autorités prennent des mesures pour atténuer les pressions fiscales et réglementaires, offrant un environnement plus propice à l’investissement et à la croissance.

Arh.

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