Finalement, l’année 2022 a connu son lot de tumultes pour Madagascar. La dernière en date est le remue-ménage au sein de la Chambre basse, relatif à cette tentative de motion de censure contre le gouvernement Christian Ntsay, mais à citer également le clash entre le MMM et le régime en place ou la prise de position de Madagascar par rapport au conflit en Ukraine.
L’année 2022 se termine dans un contexte de vives tensions politiques. La motion de censure avortée contre gouvernement reste encore un sujet controversé au cœur de l’actualité. Plusieurs questions restent sans réponse, même si chacun tente de calmer les esprits. Après avoir été officialisé, le dépôt du document a été contesté, puis démenti avant d’être finalement déclaré irrecevable. Comme s’il y avait une dissension au sein de la majorité présidentielle.
Des rumeurs ont même circulé au sujet de la démission de la présidente de l’Assemblée nationale, Christine Razanamahasoa, après avoir été taxée de traitre, à l’origine de ce coup de Jarnac. Désormais, cette péripétie marque un tournant dans la relation entre l’Exécutif et le législatif, plus précisément la Chambre basse.
D’une conjoncture politique à l’autre, la décision du parti « Malagasy miara-mianga » (MMM) présidé par Hajo Andrianainarivelo, de claquer la porte du gouvernement, a aussi marqué cette année. D’après ce dernier, le parti « n’est plus en accord avec le gouvernement ».
Par la suite, un remaniement a été inéluctable alors que le chef de l’Etat entamait sa quatrième année au pouvoir. Les membres de gouvernement étaient censés donner un nouvel élan au mandat présidentiel, sauf que certains ministères n’ont pas été à la hauteur des attentes. Andry Rajoelina a ainsi opéré à la tête de différents départements ministériels, entre autres, les ministères des Affaires étrangères, de la Justice, de l’Intérieur et de la décentralisation ou encore le ministère des Mines et des ressources stratégiques.
Conflit russo-ukrainien
Sur le plan international, la position prise par Madagascar par rapport à la guerre en Ukraine, a aussi défrayé la chronique, notamment le vote controversé du pays condamnant l’intervention militaire russe, sous l’impulsion du ministre des Affaires étrangères, Richard Randriamandrato qui a joué un rôle de premier plan dans la gestion de la diplomatie malagasy. A noter que Madagascar a toujours choisi d’opter pour la neutralité, en s’abstenant de condamner ni l’un ni l’autre.
Repêché en mars, après avoir été à la manette au ministère de l’Economie et des finances, il a été limogé en octobre. Le poste est actuellement assuré, de manière intérimaire, par le ministre de la Défense nationale, le général Richard Rakotonirina.
L’or de vérité !
Autant dire que les tentatives de trafics d’or déjoués, ont aussi singularisé cette année, sans oublier l’affaire dit « Apollo21 ». Pour rappel, après avoir fait un pourvoi en cassation, Paul Rafanoharana et Philippe Marc François ont écopé respectivement de vingt et dix années de travaux forcés. Quant à l’affaire des 73 kg d’or saisis à l’aéroport de Johannesburg, la suite reste à attendre. Jusqu’ici, le rapatriement de ces lingots d’or ainsi que la demande d’extradition des trois personnes impliquées sont toujours en attente d’une décision de la Justice sud-africaine.
Sinon, en vue des élections prévues l’année prochaine, le début des préparatifs techniques, marque aussi cette année, à travers notamment la refonte de la liste électorale. A mi-parcours, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a souligné que 5.071.688 électeurs ont été enregistrés, loin des 13 millions visés.
J.P




