Récemment Me Eric Rafidison, avocat de Mbola Rajaonah, a indiqué que son client devrait recouvrer la liberté d’ici la mi-février, après avoir purgé sa peine de 5 ans de prison. Mais il se trouve que ce dernier serait encore impliqué dans d’autres affaires. Pour son avocat, il s’agit d’un acharnement du Pôle anti corruption (Pac) contre son client que le Pac a réfuté tout en soutenant que de nouvelles charges sont retenues contre Mbola Rajaonah.
«L’avocat de Mbola Rajaonah est venu nous voir, pour signifier la mise en liberté de son client, mais également pour nous accuser de vouloir créer des dossiers pour que le concerné reste en prison. Pour l’avocat, les dossiers précédents seraient classés sans suite », a fait savoir la Procureure générale du Pac, Elysée Rasoahanta hier aux 67ha.
Afin d’y voir plus clair, le Pac a décidé de passer en revue tous les dossiers à partir des PV. « Nous avons même sorti un tableau comparatif », a indiqué la PG.
L’affaire concerne alors des cas de blanchiment d’argent et de fraude douanière. « Au moment des faits, la loi dite « Idealson » n’a pas encore été promulguée. Le Pac reste ainsi compétent pour suivre de près ces dossiers », a précisé le Pac.
Afin de soutenir ses arguments, la défense de Mbola Rajaonah estime qu’il y a prescription étant donné que l’affaire remonte à 2014-2015. Mais, « Nous avons déjà été saisis donc la prescription est désormais de 30 ans », a expliqué la PG.
Fausse déclaration
d’espèce
Cependant, les dossiers sont bloqués pour diverses raisons. Ils étaient entre les mains du précédent Procureur décédé. Mais le nouveau Procureur qui a repris l’affaire, a découvert 36 PV contre l’accusé. Après examen du tableau comparatif, le Pac a décelé des informations détaillées sur les produits de douanes et aucune d’entre elles ne correspond aux marchandises déclarées. Le Pac fait référence au code importateur, aux noms des transitaires, au bureau de liquidation, aux lieux et dates des faits qui sont tout aussi différents les uns des autres.
Le Pac explique alors que pendant que Mbola Rajaonah déclarait avoir importé des papiers journaux ou du ciment, il était en fait en train d’importer de l’huile. « A l’époque, la taxe d’importation sur les huiles, était élevée », a indiqué a PG. L’opérateur économique est alors accusé de fausses déclarations d’espèces.
Pour la PG, les explications de Me Eric Rafidison, ne tiennent pas la route. « L’affaire a été découverte par le Bianco le 27 juillet 2016 à Toliara. Nous ne l’avons pas inventé », a-t-elle souligné.
L’avocat de Mbola Rajaonah a également évoqué que les dossiers ont été classés sans suite. « En tant que bon avocat, il aurait pu aller chercher cette attestation pour faire sortir son client. Ce qui n’a pas été le cas », a noté la PG. Une fois encore le Pac a cherché le registre des dossiers classés sans suite mais en vain.
Pour l’heure, Mbola Rajaonah devra alors encore poursuivre son séjour en prison.
T.N




