La commission mixte sur les questions des îles Eparses, entrera dans le vif du sujet ce jour, à Paris. Comme les enjeux sont importants, à la fois maritimes et géopolitiques, les négociations s’annoncent non seulement serrées, mais également tendues vu que Madagascar et la France campent chacun sur sa position.
Pour la Grande île, la restitution complète ne saurait être conditionnelle, au nom de la souveraineté nationale, en se référant à la résolution 1514 des Nations Unies, sur la décolonisation et la restitution des territoires occupés avant l’indépendance. Et la cogestion, sous une approche écologique, pour préserver la biodiversité exceptionnelle de ces îles, annoncée par Emmanuel Macron, n’enthousiasme pas vraiment la partie malgache qui trouve légitime qu’après tant d’années de mainmise, le moment est venu pour la France de rendre à César ce qui appartient à César.
Alors que du côté français, la restitution n’est pas envisageable. Et cette question n’est même pas négociable, a sous-entendu Emmanuel Macron, lors de sa récente visite à Madagascar. Depuis le 26 juin 1960, à travers un décret, l’archipel des Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassas da India, a été placé sous l’autorité du ministre chargé des départements d’outre-mer et des territoires d’outre-mer. Elles font partie du territoire des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) et figurent même à l’article 72-3 de la Constitution française.
Mais en 1979, cette décision a été contestée par le régime Ratsiraka. Et 46 ans après, le régime Rajoelina a réussi à amener la France à la table des négociations, non pas pour trouver un compromis ou un consensus, mais pour restituer ces îles faisant partie intégrante du territoire malgache, d’une manière diplomatique, sur un fond de débat juridique.
Lequel des deux pays est-il prêt à lâcher du lest ou encore une fois les négociations vont-elles aboutir à une impasse avec des avis discordants ? On sera fixé ce jour.
Andry




