Et voilà, c’est reparti. La délégation malgache est bien arrivée à Paris dans le cadre des discussions autour des îles dites « éparses ». Si pour certains, ce nom fait penser à des bouts de terres quelque part, en réalité, il s’agit d’un dossier épineux. Cette fois encore, on attend les conclusions des échanges entre les deux parties. Sans annonce fracassante à l’horizon, les résultats devraient tomber dans les heures à venir. Patience donc, même si l’impatience commence à gagner un peu tout le monde.
Il faut dire que le débat sur ces îles, aussi sensible que passionné, divise parfois plus qu’il ne rassemble. Il y a les inconditionnels de la restitution immédiate, au nom d’un principe clair et net de la souveraineté. Et puis, il y a les plus pragmatiques, ceux qui parlent de cogestion, de compromis, de solutions à mi-chemin, ce qui fait grincer quelques dents. D’ailleurs, rien que le mot « cogestion » peut hérisser le poil de certains. Car dans les relations internationales, et surtout lorsqu’il est question de souveraineté, chaque mot pèse.
Mais au fond, ces nuances révèlent une chose, c’est qu’il n’y a pas qu’un seul chemin vers la solution. Et surtout, ce n’est pas parce que les Nations unies ont acté une position, celle de la légitimité malgache que la France, de son côté, s’empressera de plier bagage. Loin de là car c’est aussi une question de rapport de force. Et bien évidemment, entre la légalité et la réalité, il y a un grand fossé.
Alors que faire ? Deux choses essentielles. D’abord, s’unir. Quelle que soit notre tendance politique, notre origine ou notre position dans le débat, il est crucial de soutenir la délégation malgache dans cette discussion. C’est un moment où l’intérêt national doit primer. Ensuite, il faut accepter que cette bataille prendra du temps. Chaque étape, chaque négociation, chaque avancée, même minime, participe à construire une position plus solide. Et c’est loin d’être gagné.
Rakoto




