Accusé de viol de la petite Harena âgée de 6 ans au moment des faits, à Imerintsiatosika, Da-Willy est l’un des suspects mis sous mandat de dépôt, après la promulgation de la loi sur la castration en 2024. A l’issue de son procès hier à Anosy, il est reconnu coupable de tous les chefs d’accusation et sera le premier condamné à subir la peine de castration chirurgicale.
Même si une série de procès pour viol a eu lieu depuis le début de semaine au tribunal d’Anosy, la peine de castration n’a été prononcée qu’hier. Le condamné, Johnny William Andrianambinitsoa alias Da-Willy, est actuellement âgé de 24 ans. Cerise sur le gâteau, il écope également d’une peine de travaux forcés à perpétuité assortie de 6 millions d’ariary d’amende. Il va alors attendre l’exécution de la castration chirurgicale à la maison de force de Tsiafahy.
Le procès s’est tenu, hier pendant environ deux tours d’horloge, devant la cour criminelle ordinaire à la salle N°5 du palais de Justice. La victime du viol, la petite Harena ayant désormais 7 ans, a témoigné devant la barre, accompagnée de sa mère. Selon ses dires, Da-Willy l’a envoyée acheter des cigarettes dans l’après-midi du 3 mars, au moment où elle jouait dans la cour à Merimandroso Imerintsiatosika. Il l’a par la suite portée à l’intérieur, a fermé les portes et l’a frappée, étranglée et doigtée avant de la violer au sens propre du terme.
Pour sa part, ayant déjà avoué le crime lors de son défèrement au parquet du tribunal de première instance d’Anosy, le 6 mars 2024, Da-Willy s’est défendu en arguant être sous l’emprise de l’alcool au moment où il a commis l’acte. Ses arguments peu convaincants n’ont pas empêché le juge de prononcer les peines dictées par les articles 2, 295 et 304, ainsi que les nouveaux articles 332 et 332 bis du Code pénal. Il est poursuivi pour viol sur mineur de moins de 10 ans suivi de tentative de meurtre.
Tollé national
Le viol commis par Da-Willy a été très médiatisé et suivi l’an passé, vu que l’acte s’est produit neuf jours après la sortie de la Décision n°07-HCC/D3 du 23 février 2024 concernant la loi N°2024-001 du 26 janvier 2024 modifiant et complétant certaines dispositions du Code pénal malgache. D’après le rapport médical, Harena a été victime de viol avec agression. Des blessures et ecchymoses ont été relevées sur son corps, à tel point qu’elle a dû subir une intervention chirurgicale à l’hôpital.
Pendant qu’Harena a été prise en charge au CHU JRA, Da-Willy, lui, s’est enfui en direction de la capitale. L’indignation généralisée a facilité la capture du vingtenaire par les éléments du commissariat de police de Mahamasina, le 5 mars au petit matin à Anosibe, alors qu’il dormait à poing fermé dans un bus.
LR

Pour de plus amples explications sur la décision de Justice d’hier à l’encontre de Da-Willy, le procureur général près la cour d’appel, Didier Alban Razafindralambo a rappelé, hier dans une vidéo sur la page Facebook du ministère de la Justice, le Décret N°2024-1688 du 25 septembre 2024 fixant les modalités d’application de la peine de castration chirurgicale. Selon lui, « la réalisation de cette opération chirurgicale aura lieu en collaboration avec le ministère de la Santé sous la surveillance du procureur de la République ».
A rappeler que Da-Willy est le deuxième prévenu condamné à la peine de castration depuis la promulgation de ces nouvelles dispositions du Code pénal malgache. Le premier étant un homme âgé de 28 ans, à Toamasina, le 6 décembre 2024, dont le verdict prononcé donne un choix entre castration chirurgicale et chimique. Sauf que pour le cas à Toamasina, l’acte a été commis le 4 novembre 2023, soit près de quatre mois avant la date de sortie de la décision de la HCC sur la constitutionnalité de la peine de castration, contrairement à celui de Da-Willy.




