Avant le coup d’envoi du 45e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Sadc, qui doit placer Madagascar sous les projecteurs régionaux et internationaux, le pays fait face à une crise sur les plans économique et diplomatique. L’affaire des cinq avions Boeing 777 mystérieusement arrivés en Iran, malgré les sanctions occidentales imposées à la République islamique, affecte la scène politique locale et risque d’affecter les relations extérieures de la Grande île, notamment avec les Etats-Unis. La question demeure quant aux retombées sur les relations bilatérales, notamment avec les Etats-Unis et Israël. En effet, ce scandale survient à un moment critique où Madagascar tente d’intensifier sa coopération économique avec Washington, notamment dans la perspective du renouvellement de l’Agoa dont l’échéance est dans deux mois à peine. Lors de récentes négociations à Luanda, le Premier ministre Christian Ntsay et Constance Hamilton, responsable américaine chargée de l’Afrique, ont exprimé leur volonté de renforcer ce partenariat. Le limogeage du ministre des Transports, Valéry Ramonjavelo, hier, sert de signal fort et d’exemple pour la responsabilité et la transparence dans la gestion des affaires publiques, particulièrement sensibles en période pré-sommet. Ce geste permet de rassurer les partenaires internationaux que Madagascar prendra les mesures nécessaires pour préserver son image et garantir la sécurité juridique et opérationnelle dans des secteurs comme les transports. Alors que Madagascar s’apprête à accueillir des délégations de haut niveau de plusieurs pays africains et au-delà, la capacité du gouvernement à maîtriser les situations de crise deviendra un indicateur de crédibilité sur la scène internationale. Pour limiter les spéculations et les inquiétudes sur les conséquences de l’affaire, le gouvernement doit continuer à communiquer de manière claire et régulière sur les mesures prises. Avec les partenaires internationaux, il importe de solliciter un dialogue constructif pour apaiser les éventuelles tensions et préserver les intérêts économiques, notamment autour de l’Agoa.
Rakoto




