L’hymne nationale a résonné à l’Ambassade de Madagascar en France hier dans le cadre de la cérémonie diplomatique et républicaine de restitution des crânes de l’Ampanjaka Toera et de ses deux chefs de guerre.
Cette cérémonie hautement symbolique a vu la participation des descendants du roi Toera, des techniciens du ministère de la Communication et de la culture, des parlementaires et du représentant permanent de Madagascar auprès de l’Unesco.
Drapé d’un lambahoany et pied nu, Georges Harea Kamamy, récemment intronisé souverain de la communauté sakalava du Menabe, a joué la carte de l’apaisement lors de son discours. « Habituellement, je ne dois pas porter ces habits mais face au roi Toera, je ne suis qu’un simple sujet », a-t-il lancé avant d’enchaîner que « ces reliques feront du Sakalava Menabe un peuple uni et soudé ».
Une victoire diplomatique, c’est ainsi que la ministre de la Communication et de la culture Mara Donna Volamiranty a qualifié cette restitution de patrimoine. « En ce jour historique, il est essentiel de rappeler que cette initiative constitue une promesse du président de la République Andry Rajoelina, le 6 novembre 2020, lors de la cérémonie de pose de première pierre du Rovan’i Madagasikara, de ramener à Madagascar le crâne du Roi Toera », a-t-elle annoncé. La série de discours s’est conclue hier par le rituel de la sonnerie « Aux morts » pour rendre hommage à ces héros malgaches.
En décembre 2023, le Parlement français a adopté une loi-cadre permettant la restitution, par décret, de restes humains conservés dans les collections publiques. Dans ce contexte, Madagascar est le premier pays à voir cette loi appliquée, un événement historique, à la fois pour la mémoire malgache et pour le droit patrimonial en France.
Joachin Michaël




