Il semble bien qu’on est encore loin de sortir de l’auberge en matière de délestage. Les coupures de l’électricité fournie par la Jirama sont devenues plus longues et plus fréquentes. Et dans certains quartiers, les horaires ne sont pas toujours respectés, ce qui provoque des désagréments bien compréhensibles.
En effet, les gens s’efforcent, tant bien que mal, à s’adapter aux horaires annoncés. Mais quand les coupures interviennent au moment où l’on s’y attend le moins, cela bouleverse tout le programme établi au niveau de chaque foyer. Et les conséquences peuvent en être importantes.
Comme chaque année, cette situation est mise sur le dos de l’étiage. Et comme dame pluie n’est pas encore au rendez, le pire est encore à craindre. Quelles solutions peut-on avoir ? A court terme, il y en a peu à moins de recourir d’une manière plus soutenue à l’énergie fossile. Mais a-t-on l’argent nécessaire pour le faire ?
Autrement dit, c’est pour le moyen et le long terme qu’il faut penser. L’exploitation de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne sont encore loin de pouvoir satisfaire la demande au niveau actuel de développement de ces technologies. A leur stade actuel, ces énergies ne fourniront qu’une quantité marginale de ce dont on a besoin. Ce sont en quelque sorte des palliatifs.
Quant à l’énergie hydroélectrique, si tout le monde s’accorde à dire que c’est la solution idéale, car c’est propre, non polluant et c’est une énergie renouvelable, il faut tout de même tenir compte des effets du changement climatique, nul ne peut prévoir si l’eau de pluie sera suffisante pour alimenter
les barrages hydroélectriques.
On constate aujourd’hui les conséquences au niveau du barrage d’Andekaleka où, à chaque période de l’étiage, la production d’énergie électrique est en baisse. C’est peut-être bien la raison pour laquelle beaucoup de pays se tournent déjà vers la production d’énergie atomique.
Effectivement, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) prévoit une multiplication par dix de la capacité nucléaire installée en Afrique d’ici 2050. Plus de 20 pays ont engagé des démarches auprès de l’Agence. Et plusieurs passent déjà de la planification à la mise en œuvre.
Comme tout le monde s’y met, Madagascar devrait se mettre dans le rang. D’autant plus que le pays a la chance de déceler dans son sous-sol des minerais d’uranium. Ce qui n’est pas le cas de tous ces pays qui demandent à exploiter l’énergie atomique à des fins domestiques.
On peut toujours chercher un partenaire qui accepterait d’enrichir l’uranium extrait dans le pays pour cet usage dans le cadre d’un accord de partage de production. Et on peut recourir à des réacteurs de petite taille comme recommandé par l’AIEA. C’est l’heure ou jamais, autrement, on se trouvera toujours à la traîne.
Ranaivo Lala Honoré




