Une priorité des priorités

Selon une carte des foyers d’incendie pub­liée récemment par le ministère de l’Environ­nement et du développement durable, plusieurs aires protégées ont été touchées par des incendies. Heureu­sement, cela concernait notamment les zones tampons qui sont principalement constituées de savane.
Ainsi, les noyaux durs n’ont pas été affectés. Si c’était le cas, cela aurait été catastrophique car il faudrait des décennies pour reconstituer la forêt qui aurait été détruite et encore, si c’était possib­le. De toutes les façons, ce ne serait plus la forêt naturelle avec toute sa beauté initiale.
Mais quoi qu’il en soit, vingt neufs aires protégées ont été con­cernées. Ce nombre élevé devrait alerter en­core plus le ministère dans la mesure où la saison des pluies est encore relativement loin. D’ici là, on pourrait faire face à un véritable désastre avec les faibles moyens dont on dispose pour lutter contre le feu.
Certes les points chauds détectés par sa­tellite ne correspondent pas toujours à de véri­tables incendies de forêt. Il peut s’agir de petits feux allumés par les villageois installés aux abords des parcs pour leurs besoins domesti­ques.Mais toujours est-il que ces foyers, s’ils sont mal maîtrisés, peuvent dégénérer en véritable incendie de forêt.
Bien d’autres causes, volontaires ou non, peuvent être à la source de ces incendies (braises de charbon mal éteintes, un mégot de cigarette allumé jeté à la lisière des forêts… Une simple nég­ligence peut avoir de gra­ves conséquences. A ce titre, le ministère concerné a du souci à se faire.
Apparemment, la mise en place ainsi que le renforcement des cantonnements forestiers effectué par le ministère n’ont pas empêché que les feux se déclarent ici et là. Or les moyens disponibles restent limités pour lutter contre le feu. Pour circonscrire un incendie de grande envergure, les batte-feux, pelles, sacs d’eau, pulvérisateurs… ne peuvent pas suffire.
Il faudra utiliser des moyens plus efficaces tels que les avions bombardiers d’eau. Le ministère a déjà annoncé qu’on va procéder à un test sur l’utilisation d’un tel moyen en octobre. La question qui se pose est de savoir pourquoi un test ?
On peut être certain que tous les gouvernements qui se succédés dans le pays avaient les moyens suffisant pour en acquérir un. Cela aurait permis d’éviter que des millions d’hectares de forêts aient été consumés par le feu, un véritable fléau pour le pays.
Depuis le temps que Madagascar est fortement affecté par les feux de forêt tous les ans avec toutes les conséquences négatives qui laisseront des traces dans la nature pendant des décennies, la détention d’un avion bombardier d’eau aurait dû être considérée com­me une priorité des priorités.

Ranaivo Lala Honoré

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