L’année dernière, l’écrivaine malgache Hary Rabary s’était distinguée en devenant vice-lauréate du Prix Vanille avec son ouvrage « #Za koa ». Cette année, via sa page Facebook, la maison d’édition Project’îles a annoncé que l’écrivaine Na Hassi a remporté le Prix Vanille 2025, grâce à son livre « Deux cœurs dans un même corps ». Ceci marque par ailleurs la publication de son tout premier roman. A part la musique, le cinéma, l’art culinaire…, la littérature commence à être une discipline d’art où brillent les artistes malgaches.
Na Hassi, de son vrai nom Tonihasina Razafimahaleo, est une figure singulière de la scène artistique malgache. Poète, slameuse, écrivaine et artiste expérimentale, elle revendique un parcours marqué par la curiosité, l’ouverture et le désir constant d’explorer de nouveaux horizons. Depuis ses débuts en 2003, l’art est pour elle un terrain d’expérimentation où les mots dialoguent avec d’innombrables disciplines et se déploient dans des espaces inattendus.
Diverses disciplines d’art
Sa passion pour la poésie naît avec la découverte du poème « L’Ennemi » de Charles Baudelaire, puis de « Les fleurs du mal ». Après un baccalauréat littéraire, elle poursuit des études à l’université d’Ankatso, où elle croise deux univers différents à savoir, le slam, avec le collectif Madagaslam, et le spectacle vivant, grâce aux figures iconiques comme Serge Henri Rodin ou Elie Rajaonarison. Très vite, l’artiste développe une vision pluridisciplinaire, mêlant dans ses mots musique, danse, yoga, cirque, théâtre et même le film.
Avec le projet « Cob’art », ou cobaye de l’art, elle innove la scène pour définir ses expériences hors normes, comme déclamer un poème sur un arbre, dans une voiture de collection, sur un cerceau de cirque ou au sommet d’un échafaudage. Ses performances trouvent place aussi bien sur les scènes traditionnelles que dans des espaces publics, terrains de foot ou galeries d’art.
Trois livres
Son écriture connaît trois phases marquantes. D’abord un style riche en sonorités et figures de style, puis une poésie plus concise et introspective, inspirée par ses recherches sur Esther Nirina. Depuis 2020, son œuvre aborde l’intime et l’universel, et se base surtout sur les femmes, la maternité, l’identité, l’existence.
Parmi ses publications figurent « Zana-bolana. Femme Lunaire », édité par Ranjasoa publishing en 2021, puis « Restez vivants », édité par Karné en 2024, et récemment, elle a sorti son premier roman « Deux cœurs dans mon corps », édité par Project’îles. Dans ses écrits, elle est sous la houlette de l’écrivaine Michèle Rakotoson.
Son engagement s’est également élargi aux arts visuels, avec l’installation « Text’île » présentée en 2024 dans l’exposition Vavy, et le tableau de collage Résilience du Vorombola, lors de la vitrine Antson’ny Tontolo Miaina. Elle découvre alors son matériau de prédilection qui est le tissu soga.
Des œuvres bientôt sur la lune
Sélectionnée en 2025 pour le prestigieux projet international The Lunar Codex qui enverra 250.000 œuvres d’art contemporain sur la Lune, Na Hassi inscrit sa démarche dans une quête poétique sans limites, c’est-à-dire cherché jusqu’où les mots peuvent nous porter. Artiste aux multiples visages, l’artiste incarne une poésie vivante et engagée, à la croisée de disciplines et de cultures, où chaque expérimentation devient une invitation à réinventer le lien entre art, vie et humanité.
Holy Danielle




