« Prudence est mère de sûreté », dit le proverbe. Le choix de Madagascar face au récent vote de l’Assemblée générale des Nations unies en est probablement une illustration parfaite. Vendredi dernier, alors qu’une centaine de pays se sont prononcés en faveur d’une résolution appelant à un règlement du conflit israélo-palestinien, Madagascar a choisi de ne pas prendre part. Une décision qui peut surprendre à première vue mais qui, à bien des égards, mérite d’être lue à travers la volonté de rester en marge d’un conflit.
Et pour cause, dans un contexte hautement sensible, chaque vote a valeur de signal. Dire « oui », c’était s’aligner c’est soutenir explicitement la solution à deux Etats. Dire « non », c’était se placer dans l’autre camp des partenaires internationaux. Et puis il y avait une autre option : celle de ne pas participer au vote. C’est ce que Madagascar a fait, en compagnie de 27 autres pays, dont la Centrafrique, le Malawi ou encore Haïti.
Dans la diplomatie, le silence peut parfois en dire long. L’absence au vote n’est pas une absence de réflexion. Elle peut être le fruit d’un calcul mesuré en évitant de se retrouver piégé dans une querelle où chaque prise de position peut entraîner des répercussions. Madagascar, pays insulaire et éloigné géographiquement de ce conflit mais concerné par ses retombées économiques et politiques, a peut-être jugé que la prudence était la meilleure arme.
En évitant de s’inscrire dans un vote tranché, Madagascar garde une certaine marge de manœuvre. Comme toujours, le pays préserve ses relations, ne froisse aucun camp de manière frontale. Une posture qui peut sembler timorée, mais qui, à bien y regarder, traduit une volonté de ne pas attiser les flammes dans un incendie déjà trop vaste.
La prudence, dans ce cas, n’est pas une fuite, mais une stratégie. C’est une manière d’affirmer que parfois, dans le tumulte des passions géopolitiques, mieux vaut se tenir en retrait que de parler trop vite. Car, après tout, prudence est mère de sûreté.
Rakoto




