L’inclusion commence par nous

Une histoire émouvante a inondé la toile, ces deux derniers jours, à propos d’une étudiante en situation de handicap, ayant soutenu son mémoire en sociologie. Une telle prouesse est digne d’être racontée pour inciter ces genres de personnes à trouver leur propre voie sans dépendre toujours de l’aide d’autrui. D’ailleurs, des cadres dans divers domaines ont des problèmes physiques, mais cela ne les empêche pas de mener à bien leurs missions tant que celles-ci ne constituent pas un obstacle. Cepen­dant dans la plupart des cas, les préjugés priment sur les capacités réelles de ces personnes en situation de handicap, les empêchant d’intégrer l’équipe avant même de montrer leur aptitude en la matière.
Pour la mention sociologie Ankatso en particulier, elle fête cette année ses 50 ans d’existence. En termes de pédagogie, les régimes politiques successifs avaient des répercussions sur les enseignements prodigués sur place. Dans les faits, c’est l’une des filières à appliquer l’éducation inclusive à Madagascar. Entre 2010 et 2015, par exemple, au moins cinq étudiants en situation de handicap y ont poursuivi leur parcours univer­sitaire : un jeune homme boiteux, trois aveugles et une fille dépourvue de ses deux bras. Malgré leur handicap, ils ont décroché leur diplôme grâce à leurs efforts personnels, les responsables ne leur ayant accordé aucune faveur ni aucune défaveur particulière, à part, pour les deux aveugles, le fait de passer les épreuves dans une salle particulière en utilisant des ordinateurs pour écrire.
Ces étudiants en situation de handicap ont pu suivre le rythme, à condition que leurs collègues de classe les aident à suivre la mobilité engendrée par le changement de salle en permanence. Et c’était chose faite, ils peuvent en témoigner. Certains d’entre eux ont même des capacités intellectuelles
largement au-dessus de la normale. Ils n’ont pas mendié, ils
ont pu se frayer un chemin vers le succès grâce à leurs efforts, d’autant qu’ils sont tous issus du monde rural. Alors si la communauté dans son ensemble n’exclut pas les personnes en situation de handicap, ne les considère pas comme des malédictions et les aide à atteindre des objectifs plus hauts que la survie, elles peuvent briller et ne seront plus des fardeaux mais plutôt des acteurs de développement.

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