Un saut dans l’inconnu

Les événements s’enchaînent. A peine le nouveau chef du gouvernement nommé, voilà que la Primature annonce que la passation de pouvoir se tiendra dès aujourd’hui. Pas de temps à perdre donc, pour celui qui s’apprête à enfiler le costume de Premier ministre. Dès aujourd’hui, il devra prendre les taureaux par les cornes, à savoir calmer la rue d’un côté, rassurer la population de l’autre. Deux missions qui, à elles seules, résument l’ampleur du défi.
Le pays traverse une zone de turbulences politiques où les mots d’ordre se multiplient. Le nouveau locataire de Mahazoarivo hérite d’un climat tendu, fait d’incertitudes et de méfiance. Les attentes sont donc grandes, tant le besoin d’apaisement est urgent. Elle s’annonce aussi ardue car du côté des manifestants, les positions semblent figées. A l’heure où l’on écrit ses lignes, rien n’indique un relâchement des mobilisations. Le camp d’en face campe sur ses revendications, tandis que les partisans du pouvoir misent sur un regain de confiance. En clair, le nouveau Premier ministre entre en scène dans un théâtre où chacun détermine son rôle depuis longtemps. Et il faudra plus qu’un discours d’intention pour réécrire le scénario.
En tout cas, une chose est certaine : les derniers soubresauts politiques laisseront des traces profondes. L’économie, déjà fragilisée, n’aime ni l’instabilité ni l’imprévisibilité. Chaque journée de tension supplémentaire coûte cher en confiance et en espoir. Ce nouveau chapitre s’ouvre donc sur fond d’incendie. Peut-être sera-t-il celui du sursaut, du dialogue retrouvé, d’un pas vers la maturité politique. Peut-être, au contraire, ne fera-t-il que plonger un peu plus le pays dans l’incertitude.

Rakoto

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