Une cinquantaine de participants étaient présents avant-hier et hier à Ambositra, lors de l’atelier de réflexion sur la sauvegarde et la transmission du savoir-faire du peuple Zafimaniry. Artisans, enseignants, représentants communautaires et autorités locales se sont retrouvés autour d’un même objectif : assurer la continuité d’un patrimoine vivant, symbole de l’identité culturelle malgache.
Reconnu par l’Unesco en 2008 comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le travail du bois des Zafimaniry va bien au-delà d’une simple technique artisanale. Chaque motif sculpté sur les maisons ou les objets raconte une histoire, évoque une valeur et relie l’homme à la nature. Ce savoir-faire ancestral, transmis de génération en génération, constitue l’âme d’un peuple qui a su allier beauté, symbolisme et respect de l’environnement.
Cependant, cet héritage unique est aujourd’hui menacé par la raréfaction des essences forestières, la modernisation des modes de vie et le désintérêt progressif des jeunes. Conscients du danger, les Zafimaniry redoublent d’efforts pour préserver leur culture et maintenir vivante la mémoire de leurs ancêtres. « Notre savoir-faire, c’est notre fierté. Si nous ne le transmettons pas, c’est une partie de nous-mêmes qui disparaîtra », confie un maître-artisan rencontré avant l’ouverture de l’atelier.
Des descentes aux villages
Selon le communiqué de presse, plusieurs descentes communautaires ont été organisées dans les villages avant cette rencontre. Ces échanges directs ont permis de recueillir la parole des artisans, des familles et des jeunes. Tous ont exprimé le même souhait : que leur savoir ne disparaisse pas avec ceux qui le détiennent aujourd’hui. L’une des solutions les plus évoquées est ainsi l’éducation. Les participants souhaitent intégrer le savoir-faire zafimaniry dans les écoles, afin que les enfants puissent apprendre à le pratiquer et à en comprendre la valeur.
Une feuille de route en préparation
L’atelier d’Ambositra a permis de poser les bases d’un nouveau plan de sauvegarde pour les années à venir. Une feuille de route 2026-2030 a été dessinée, mettant l’accent sur la transmission intergénérationnelle, la gestion durable des ressources forestières, la création d’un fonds local et la valorisation équitable du travail des artisans.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Programme de participation de l’Unesco, en collaboration avec la Commission nationale malgache pour l’Unesco, le ministère de la Communication et de la culture (MCC), le ministère de l’Education nationale (MEN) et les communautés locales. Ensemble, ils œuvrent pour que le savoir-faire zafimaniry continue d’inspirer, d’enseigner et de vivre, au cœur même de l’identité culturelle de Madagascar.
Holy Danielle




