Une gouvernance par Facebook ? Apparemment, c’est la nouvelle mode. A en juger ce qui se passe ces derniers temps, on pourrait croire que les grandes décisions nationales se prennent désormais à coups de likes et de partages. Le réseau social est devenu la nouvelle agora politique où chacun se transforme en analyste ou stratège, voire… faiseur de ministres. On ne compte plus les publications plaidant ouvertement pour la nomination de tel ou tel à un poste ministériel. Certains vont même jusqu’à lancer de véritables campagnes de soutien.
Ce qui prête à sourire, c’est que des noms de ministrables circulent alors que certains intéressés traînent encore quelques casseroles judiciaires. Mais qu’importe ! Le vote par acclamation virtuelle semble avoir un pouvoir magique : il nettoie les réputations aussi vite qu’un bon coup de balai numérique. Hier encore persona non grata, aujourd’hui validé par le peuple ou enfin, par sa version connectée. Il faut dire que, dans cette ère de la refondation, tout se lave plus blanc sur les réseaux.
Ironie du sort, ceux qui hier dénonçaient la manie du précédent régime de gouverner par Facebook semblent aujourd’hui victimes du même virus numérique. Mais attention, car à force de confondre les réactions virtuelles avec l’expression démocratique réelle, on risque de croire que le pays se dirige à coups de publications.
Il ne s’agit pas de nier l’importance des réseaux sociaux, devenus des espaces d’expression incontournables, notamment depuis le début de cette crise. Mais à trop vouloir gouverner par écran interposé, on finit par réduire la politique à un spectacle permanent. Plus encore, entre le virtuel et le réel, il y a tout un pays à reconstruire. Et celui-là, malheureusement, ne se gère pas avec un simple clic.
Rakoto




