C’est un départ à la fois sobre et solennel. Après huit années d’engagement au service de l’Etat, Naina Andriantsitohaina a officiellement annoncé son retrait de la vie politique et publique. L’ancien ministre de la Décentralisation et de l’aménagement du territoire, ex-ministre des Affaires étrangères et ancien maire d’Antananarivo, a prononcé un discours empreint d’émotion et de gratitude devant ses collaborateurs et partenaires institutionnels.
“Je n’ai pas volé. Je suis propre”
Fidèle à son style direct, il a tenu à réaffirmer sa probité au moment de quitter la scène publique. “Je le redis : je n’ai pas volé. Je suis propre. Les comptes, les documents, les attestations sont là”, a-t-il déclaré, d’un ton ferme mais apaisé. Une mise au point claire dans un contexte où la suspicion politique et les accusations publiques circulent facilement. Il a insisté sur la transparence de sa gestion, notamment lors de son passage à la tête de la mairie de la capitale. “Jusqu’à mon dernier jour, les engagements et les contrats ont été respectés. Les contributions à la CNaPS ont été payées chaque mois. Tout est documenté ”, a-t-il fait savoir.
Un hommage à l’action collective
L’ancien ministre a d’abord exprimé un profond remerciement à ses collaborateurs et à ses équipes pour le travail accompli ensemble. “Mes sincères remerciements à tous mes collaborateurs, à cette équipe formidable avec laquelle j’ai eu l’honneur de travailler”, a-t-il indiqué, tout en saluant les efforts consentis dans la réforme de la décentralisation, la lutte contre la corruption et la restitution des terres aux citoyens.
“Nous avons rendu aux citoyens ce qui leur appartenait de droit”, a-t-il rappelé, tout en soulignant que “beaucoup reste à faire”. Il a également exprimé sa reconnaissance envers les partenaires techniques et financiers pour leur confiance et leur accompagnement constant dans la mise en œuvre de réformes structurelles. D’après lui, “Leur soutien concret a permis de faire avancer des réformes essentielles et de donner corps à nos ambitions communes”.
Un départ assumé et réfléchi
Ce retrait n’est pas un geste d’humeur, mais une décision longuement mûrie. “Tout le monde sait que ma retraite politique était prévue pour la fin de cette année. Ce n’est pas une décision précipitée, mais un choix mûrement réfléchi”, note
Naina Andriantsitohaina tourne la page après huit années passées à servir son pays dans différents postes. “Je pars sans rancune, sans regret, avec la conviction d’avoir fait de mon mieux dans un contexte souvent difficile”, souligne-t-il.
Homme d’affaires avant d’entrer sur la scène politique, il a conservé un style de gestion pragmatique, axé sur la rigueur et la responsabilité. Ses mandats successifs ont été marqués par une volonté constante de professionnaliser l’action publique, de renforcer les institutions locales et de promouvoir la transparence.
Un mot d’adieu symbolique
S’adressant à ses successeurs, il a formulé un message de confiance : “Les défis sont nombreux, mais je suis sûr que vous ferez mieux que moi, pour le bien de la Nation et de nos concitoyens.” Et c’est dans un silence ému que l’ancien ministre a conclu son discours par un simple mot : “Veloma”. Un adieu tout en retenue, fidèle à l’image qu’il laisse derrière lui, celle d’un homme d’Etat discret, méthodique, et profondément attaché à l’intérêt général.
Son départ marque la fin d’un chapitre important dans la vie politique malgache, et peut-être, l’un des rares exemples d’une sortie de scène apaisée, sans scandale ni acrimonie.




