Dans le crépuscule d’un vendredi solennel, la voix du Roi Mohammed VI a résonné comme un appel à la raison au-dessus des sables mouvants du Sahara. A l’occasion du cinquantième anniversaire de la Marche Verte, le Souverain a tracé, avec une fermeté empreinte de magnanimité, les contours d’une issue définitive à la question de l’intégrité territoriale marocaine. « Bien que la question de notre intégrité territoriale connaisse des évolutions positives, le Maroc demeure attaché à la nécessité de parvenir à une solution qui sauve la face de toutes les parties, sans vainqueur, ni vaincu », a-t-il déclaré, posant ainsi la pierre angulaire d’une paix qui refuse l’humiliation.
Loin de brandir ces avancées comme un étendard de triomphe, le Roi a choisi la voie de la retenue, refusant d’attiser les braises des antagonismes ou d’élargir les fossés déjà creusés. « Le Maroc ne brandit pas ces changements comme un trophée et ne souhaite nullement accentuer les divisions », a-t-il insisté, tendant une main fraternelle vers ceux qui, dans les camps de Tindouf, vivent encore dans l’attente d’un horizon meilleur. Il les a invités à saisir cette opportunité historique, à rentrer au bercail pour contribuer, dans le cadre de l’Initiative d’autonomie, à la gestion des affaires locales, au développement de leur terre et à la construction d’un avenir commun au sein d’un Maroc uni.
En sa qualité de garant des droits et libertés, le Roi a solennellement affirmé l’égalité absolue entre tous les Marocains. Il n’existe, a-t-il martelé, aucune différence entre ceux qui reviendraient des camps et leurs frères établis dans le reste du royaume. Cette parole royale, grave et irrévocable, efface les lignes imaginaires tracées par les années de séparation et réaffirme que la patrie est une seule et même famille.
Le regard du Souverain s’est ensuite tourné vers Alger, avec une sincérité qui transcende les querelles passées. Il a appelé son frère, le Président Abdelmadjid Tebboune, à un dialogue franc et direct, afin de dépasser les différends et de jeter les fondations de relations nouvelles, ancrées dans la confiance, la fraternité et le bon voisinage. Ce n’est pas une simple invitation diplomatique, mais un appel à ressusciter l’esprit maghrébin, à relancer l’Union du Maghreb sur des bases de respect mutuel, de coopération et de complémentarité entre ses cinq Etats.
Le développement des provinces du Sud, leur sécurité et leur stabilité ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat des sacrifices consentis par l’ensemble des Marocains. Le Roi a exprimé sa fierté envers ses fidèles sujets, et particulièrement envers les habitants de ces terres, qui ont toujours manifesté un attachement indéfectible aux symboles sacrés de la Nation, à son unité et à son intégrité territoriale. Il a salué les efforts inlassables de la diplomatie officielle, partisane et parlementaire, ainsi que ceux des institutions nationales, pour clore définitivement ce dossier.
L’anniversaire de la Glorieuse Marche Verte a été l’occasion de rendre hommage, avec déférence, aux sacrifices des Forces Armées Royales et des forces de sécurité, ainsi qu’à leurs familles, qui veillent sur l’unité du pays. Le Souverain s’est recueilli devant la mémoire de l’Artisan de la Marche Verte, feu Sa Majesté le Roi Hassan II, et devant celle de tous les martyrs de la Nation. Cinquante ans après, le message est clair : le Maroc avance, uni, vers un avenir où la paix, la dignité et la fraternité prévalent sur les divisions du passé.
Recueillis par Naisa




