La reprise des cours dans les établissements publics, annoncée dimanche par le ministère de l’Education nationale (Men), n’a finalement pas eu lieu. A Antananarivo, cet événement s’est transformé en journée de contestation. Les enseignants ont maintenu leur grève, poussant les élèves à descendre dans la rue pour réclamer la reprise immédiate des cours.
La capitale s’est réveillée au rythme des slogans des quelques Lycéens. Après avoir été renvoyés chez eux par leurs enseignants, alors qu’ils s’apprêtaient à reprendre leurs études, les élèves du Lycée Jean Joseph Rabearivelo (LJJR) ont regagné la Place du 13 Mai pour réclamer la reprise de l’enseignement, suspendu depuis le 25 septembre. Ces derniers ont ensuite marché en direction du Men à Anosy, avec leurs pairs issus du Lycée Moderne d’Ampefiloha (LMA) scandant leur mot d’ordre : « Reprenons les études ». « Nous voulons simplement apprendre », ont lancé plusieurs élèves.
«Les élèves sont rentrés aujourd’hui, mais ils ne reprendront pas les cours tant que les revendications des enseignants en bas ne seront pas satisfaites», a annoncé un enseignant au sein du LJJR. Les élèves accusent le gouvernement de laisser pourrir la situation. Certains d’entre eux ont même appelé à la démission de la ministre, qu’ils jugent « incapable de résoudre la crise ».
Ultimatum de 48 heures
Le collectif « Mpanabe Manova Ifotony » (MMI) a confirmé hier le maintien du « service zéro », paralysant ainsi la quasi-totalité des établissements publics. Ces derniers ont dénoncé l’inaction du ministère et annoncé un ultimatum de 48 heures adressé à la ministre Elys Karena Hanitriniaina. Même son de cloche chez les syndicats des enseignants.
Entre autres, les enseignants revendiquent depuis quelques semaines, l’alignement salarial et l’intégration statutaire des enseignants, l’avancement de carrière et l’amélioration des conditions de retraite. Le recrutement des enseignants Fram, les sortants de l’ENS et de l’INFP dans la fonction publique. A cela s’ajoute l’augmentation de l’indemnité de craie à 200.000 ariary et de logement à 300.000 ariary. Les enseignants demandent également la signature immédiate d’un protocole d’accord et la publication du décret d’application garantissant leurs droits. « Nous avons tout déposé, tout expliqué. Il ne manque plus que la volonté politique », insiste le porte-parole du MMI.
Les enseignants disent rester mobilisés jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications, affirmant que le mouvement est désormais soutenu par les élèves eux-mêmes. Un nouveau rassemblement est prévu ce jour à 9 heures devant le Men. Les représentants d’élèves et de leurs parents ont confirmé leur participation.
La ministre du Men assure de son côté que les discussions se poursuivent. « Nous travaillons activement à résoudre les problèmes des enseignants. Des actions vont être engagées très prochainement». Mais sur le terrain, la tension reste palpable. Entre promesses officielles, grèves reconduites et manifestations étudiantes, le bras de fer semble loin d’être terminé.
Fahranarison




