Depuis samedi, la Fondation H accueille l’exposition « Fihavanana, mitam-pihavanana » de l’artiste Andri Marcel. Architecte de formation et artiste autodidacte, il explore depuis 2010 l’art de la mosaïque à partir de matériaux recyclés, croisant sculpture et peinture dans une approche à la fois esthétique et engagée. L’exposition est visible jusqu’au 7 décembre.
Actuellement en résidence à Antananarivo dans le cadre du Prix Paritana 2025, Andri Marcel présente une série d’œuvres qui s’interrogent sur la force et la fragilité du fihavanana, valeur essentielle de la culture malgache basée sur la solidarité, l’entraide et la réciprocité. A travers deux installations et plusieurs portraits, il mesure la cohésion sociale dans une société marquée par les fractures contemporaines.
La particularité d’Andri Marcel est l’utilisation de matériaux, comme des tongs usées, des pneus ou encore des boîtes de conserve rouillées, pour devenir par la suite des supports de mémoire et symboles de résilience. Nettoyés, découpés puis assemblés, ces fragments racontent des vies, des liens, des gestes simples du quotidien. Les « kapoaka » ou boîtes de lait concentré servant à mesurer le riz, évoquent la valeur du nécessaire et la juste mesure dans la vie communautaire.
En mêlant la mosaïque et le bemiray ou patchwork, l’artiste fait de chaque pièce une métaphore du lien social. « Rassembler ce qui est brisé, réparer ce qui se défait ». « Fihavanana, mitam-pihavanana » témoigne cette volonté de vivre-ensemble.
Holy Danielle




