La situation de Claudia Andriantsitohaina interpelle plus d’un. L’épouse de l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation est en garde à vue au Bianco depuis dimanche, suscitant de vives réactions, notamment, hier, d’activistes en droits humains et militantes féministes.
«Dans le cadre de l’affaire SMGD Cnaps, une perquisition a récemment été menée au domicile de l’ancien ministre
de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire, Naina Andriantsitohaina. Mais au-delà de cette opération, une question humaine et légitime interpelle aujourd’hui l’opinion publique Son épouse aurait été placée en garde à vue depuis 72h, alors même qu’elle allaite encore son enfant », pose Mbolatiana Raveloharimisa.
Or, « Dans un État de droit, chaque citoyen – quel qu’il soit – a droit au respect de sa dignité, et à la protection de la cellule familiale, surtout lorsqu’un nourrisson est concerné. Elle n’a même pas eu le droit d’allaiter son enfant en bas âge », poursuit-elle.
De son côté, Marie Christine Kolo relate sur son compte que « Cela fait plus de 48 heures qu’elle est en détention au Bianco. Sans interrogatoire, sans justification explicite, juste à subir une pression psychologique avec à peine cinq minutes de contact avec ses enfants par téléphone… Pourquoi ? Pour quoi ? Parce qu’on veut atteindre son mari ? Parce qu’on pense que punir une femme, c’est la voie la plus facile pour faire pression sur un homme ? C’est inacceptable ! », lance-t-elle.
Avant de rappeler que « tout le monde réclame justice, et c’est légitime, on s’est battu plus que jamais pour un Madagascar meilleur ces dernières semaines. Mais pas au prix de la dignité humaine. Pas en bafouant les droits d’une mère et de son enfant. Pas en reproduisant exactement les méthodes qu’on dénonçait hier avec l’ancien régime car sinon on ne vaut pas mieux ».
Ces militantes des droits humains demandent ainsi aux autorités compétentes, en l’occurrence le ministère de la Justice, le procureur de la République, et les forces de l’ordre de clarifier les circonstances exactes de cette garde à vue qui dépasse déjà les termes de la loi, ainsi que de justifier les raisons juridiques d’une telle mesure. Mais surtout, tout en précisant que la démarche ne conteste le droit de la justice d’enquêter, ni ne remet en cause la lutte contre l’impunité, le respect de la loi et des droits fondamentaux.
A noter que dans le cadre de cette même affaire de la Cnaps-SMGD, l’ancien directeur général de la Cnaps, Mamy Rakotondraibe, et
le directeur général de la SMGD, Thierry Andriamananony, font aussi l’objet d’une enquête au Bianco depuis mardi soir. La mairesse de la CUA, Harilala Ramanantsoa, a également été convoquée pour être entendue sur place hier.
N.A.




