Traceur Gasy : un bond acrobatique d’un pays à l’autre

Quand les murs deviennent des tremplins et la nuit un ring de combat, la compagnie Traceur Gasy a débarqué à l’Île Maurice les 7 et 8 comme un uppercut de lumière. Dans le sillage de l’African Parkour Tour, porté par l’Institut français et son programme AOCA, les traceurs malgaches ont lâché leur spectacle Fahazavàna « lumière » en malgache devant un public qui en a pris plein les yeux. Pas de filet, pas de pause : juste trois corps qui claquent le bitume, un théâtre physique qui cogne et une poésie urbaine qui griffe l’âme.

Fahazavàna, c’est la rue qui parle, la ville qui hurle sans micro. Trois silhouettes, Faliniaina An­tonio, Serge et Toky Ranai­vomanana slaloment entre les ombres d’une Antana­narivo sans électricité, où les pannes rythment la vie comme un beat sourd. Ils ne dansent pas : ils explosent. Un cat leap pour attraper l’espoir, un wall run pour fuir la misère, un precision jump pour atterrir dans la lumière. Le parkour n’est plus un sport, c’est une prière en mouvement, un cri du cœur qui rebondit de façade en façade. Mise en scène par Faliniaina himself, la pièce est un team work brut, une énergie collective qui fait vibrer les murs. Thibau Grand­jean, en régie technique, as­sure le flow lumineux com­me un DJ des ombres.
À Maurice, les traceurs n’ont pas fait dans la dentelle. Ateliers avec les locaux, jam sessions improvisées sur les spots urbains, démonstrations qui ont fait suer les murs : la compagnie a semé des graines de traceur spirit. Les kids mauriciens, yeux écarquillés, ont chopé le virus du parkour comme on attrape un tic-tac en pleine course. Et quand Fahazavàna s’est éteint sous les applaudissements, c’est toute une île qui a senti la lumière malgache pulser dans ses veines.
Faliniaina, le boss du crew, lâche la sauce : « Pour moi, il était essentiel de créer ce spectacle avec mes potes afin de balancer, à travers l’art et le mouvement, la réalité que vivent beaucoup de jeunes à Madagascar. C’est une continuité de notre engagement avec la GenZ Madagascar, mais sous une autre forme : artistique et sportive. » Traduction : pas de blabla, juste des flips qui racontent la galère, des vaults qui portent les rêves.

Naisa

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