Deux minuscules guerriers malgaches ont fait trembler les géants samedi dernier au Jiu-Jitsu World Festival Championship 2025 d’Abu Dhabi. Ando Mahasoa Ranarivelo et Idealisoa Ranaivomanana, deux gamins de 8 ans à peine ont débarqué dans la catégorie Kids 3 avec la fougue qui ne connaît pas la peur. Ces deux enfants de la délégation, les plus petits en âge, mais des colosses en cœur ont raflé les toutes premières médailles malgaches de cette édition.
Ando, ce petit faucon de 42 kg en Boys GI Grey, a d’abord croisé le fer en demi-finale contre Ali Al Najjar, un Émirati qui jouait à domicile avec l’assurance d’un requin dans son lagon. Le gamin d’Antananarivo s’est incliné 0-3, mais sans rompre : il a tenu le rythme, évitant les armbars foudroyants et les chokes qui auraient fait plier un adulte. Et en finale pour le bronze, face à Abdul Rahman Zhaxybek du Kazakhstan, Ando a sorti l’artillerie lourde. D’un passage de garde fluide comme un piroguier, il a verrouillé un avantage 2-0, enchaînant un takedown propre et une immobilisation qui a fait taire la foule. Médaille de bronze autour du cou, ce petit phénomène a transformé la défaite en triomphe, montrant que rien ne lui résiste quand il mord.
Chez les filles, Idealisoa Ranaivomanana, cette puce de 32 kg en Girls GI White, a démarré comme un cyclone dans le lagon. En demi-finale contre Iman Kabiyeva du Kazakhstan, elle a dominé d’une main de maître : 4-0, avec des points qui pleuvaient comme des grains de riz à la fête du famadihana. Passage de garde en mode guerrière, soumissions menaçantes qui ont forcé l’adversaire à taper plus vite qu’un coq au lever du soleil. Idealisoa incarnait cette endurance malgache qui use l’ennemi jusqu’à l’os. En finale, contre Laila Abu Mghaiseeb de Nouvelle-Zélande, la gamine a déroulé : 8-0, balayant tout sur son passage. Et l’Or mondial au bout. Une médaille qui brille comme un trésor de pirate, la première pour une Malgache, et qui crie haut et fort que nos petites lionnes ont de l’énergie à revendre.
Ando et Idealisoa sont les porte-flambeaux d’un jiu-jitsu malgache qui grandit en catimini, loin des projecteurs, mais avec la rage d’un peuple qui n’abandonne jamais. À Abu Dhabi, ils ont planté le drapeau rouge-vert-blanc sur le podium mondial, rappelant que dans notre art martial, c’est la combativité sur le tatami qui fait gagner les batailles. Les autres enfants de la délégation les ont précédés, mais ce sont ces minus qui se sont imposés.
Naisa




