Dans les arènes surchauffées de Batam, en Indonésie, du 14 au 17 novembre 2025, la 16e édition du Championnat du monde WBPF a vu Madagascar hisser son pavillon au sommet du monde du muscle pour la toute première fois. Une délégation minuscule, deux athlètes seulement, a défié les géants de la discipline et ramené un butin qui fait trembler les annales malagasy : un titre mondial en or et une médaille d’argent. Faute de soutiens financiers du ministère de tutelle, ces guerriers du fer ont dû compter sur leur seule force intérieure, transformant l’adversité en carburant pour une moisson historique.
Rado Rakotomandimby, dans la catégorie des plus de 85 kg en bodybuilding pur et dur, a gravé son nom dans le marbre du sport malagasy. Novice sur la scène mondiale, il a dompté les plateaux avec une pose qui a fait taire les sceptiques, s’imposant comme champion du monde absolu. Cet exploit n’est pas qu’une victoire personnelle, c’est la première fois que Madagascar décroche l’or suprême sous l’égide de la WBPF, effaçant des années de frustrations où les Malagasy frôlaient le podium sans jamais l’embrasser. Pour la deuxième fois seulement dans l’histoire du bodybuilding national, toutes fédérations confondues, un athlète de l’île rouge brille en or mondial après le sacre de Fitiavana Mickael chez Musclemania. Rado, avec ses traps saillants et ses quads taillés comme des rochers de l’Isalo, a prouvé que le baptême du feu peut se transformer en couronne de gloire.
A ses côtés, Maurice Marinjara n’a pas démérité dans la catégorie des moins de
175 cm en Classic Physique. Vétéran des battles internationales, il a sculpté son physique avec la précision d’un maître artisan, ramenant l’argent du vice-champion du monde pour la deuxième fois après 2021. Sa première breloque mondiale, un bronze en 2019, avait déjà annoncé la couleur. Aujourd’hui, avec trois médailles au compteur, il trône comme l’athlète malagasy le plus titré de l’histoire. Ces deux-là, avec la plus petite équipe jamais envoyée, ont réalisé la plus belle récolte : un ratio médailles par athlète qui ridiculise les nations surdotées en moyens.
Maurice Marinjara, encore essoufflé par les poses finales, livre ses impressions : « C’est avec une profonde satisfaction que je vous annonce l’obtention du titre de vice-champion du monde 2025 en Classic Physique, fruit d’un travail acharné et d’une persévérance constante. Je rends grâce au Créateur, source de toute réussite, qui a guidé et accompli chaque étape de ce parcours.»
Rado Rakotomandimby, le nouveau roi des lourds, n’est pas en reste dans ses remerciements, encore marqué par la fatigue des reps interminables : « Nous sommes encore dans la fatigue de
l’épreuve, mais je souhaite adresser mes remerciements les plus sincères à tous ceux qui nous ont soutenus sans distinction : famille, amis, sponsors. Mes remerciements s’adressent à l’ensembl
de ceux qui ont participé à ce combat collectif. Comme le dit le proverbe : L’union fait la force. »
Naisa




