Les Barea ferment l’année en fanfare : un 2-0 tranchant face aux Nzalang Nacional

Les Barea de Madagascar ont offert une masterclass de pragmatisme footballistique hier soir, terrassant la Guinée Équatoriale 2-0 dans un amical de clôture pour l’exercice 2025. Sous les ordres de Corentin Martins, le sélectionneur tricolore qui sait manier la baguette comme un maestro, les Barea ont mis un point final impeccable à une année en dents de scie, récoltant les fruits d’une préparation chirurgicale. Objectif atteint, et comment : une clean sheet étincelante et deux pions ciselés en cinq minutes, juste ce qu’il fallait pour booster le moral avant les congés mérités.

Dès le coup d’envoi à l’Emir Comlex d’An­ta­lya, on sentait les Barea en mode prédateur, avec une défense verrouillée comme un coffre-fort et un milieu qui dictait le tempo sans trembler. Les Équato-Guinéens, ces Nzalang Na­cional prompts à la contre-attaque vicieuse, ont vite goûté à la sauce malgache. À la 31e minute, tout part d’une relance foireuse dans leurs rangs, un de ces cadeaux empoisonnés que les gardiens adorent déballer en cauchemar. Johan N’Zi, ce milieu box-to-box aux jambes de ressort, fond sur le cuir comme un aigle sur sa proie, récupère au quart de tour et balance un missile intercontinental depuis 30 mètres. Boum ! Le ballon embrasse la lucarne supérieure d’un baiser fatal, le gardien équato-guinéen, Do­s­so, peut aller se rhabiller : 1-0, et le stade vibre d’un rugissement malgache qui fait trembler les minarets d’Antalya.

À peine le temps de souffler, et voilà que les Barea doublent la mise deux minutes plus tard, en mode rouleau compresseur. Hakim Abdallah, côté droit aux dribbles ciselés, déborde sur son couloir comme un raz-de-marée et adresse un centre millimétré, tendu comme un arc, vers le premier poteau. Kari E, au flair infaillible, anticipe le marquage fantôme des centraux adverses et catche le ballon d’une poitrine magistrale, libre comme l’air des Hautes Terres. Le cuir lobe Dosso une seconde fois, se loge au fond des filets : 2-0. Cinq minutes de folie pure, et les Nzalang Nacionals sont déjà aux abonnés absents, con­damnés à errer dans un no man’s land tactique où Martins avait tout prévu.

Côté notes, les titulaires des Barea ont globalement brillé d’un éclat collectif, avec une moyenne qui frôle les 7,5, signe d’une machine bien huilée. En cage, Guillaume Dupire a tenu boutique sans trembler, un 7,6 bien mérité pour ses parades sereines qui ont étouffé les timides velléités équato-guinéennes. La charnière, impitoyable, aligne les 7,5 comme des perles : Marco Jean-Pierre, solide comme un baobab, Ryan Ponti et Sandro Tremoulet, ces pistons infatigables qui ont verrouillé les ailes. Mais le vrai patron du jour, c’est Emilio Kari, ce latéral gauche aux chevilles d’acier, qui décroche un 9,1 royal pour ses montées tonitruantes et ses retours assassins, un vrai couteau suisse malgache. Rakoto Rabemanantsoa complète le quatuor d’un 7,5 appliqué, toujours là où ça pique.

Au cœur du jeu, Raveloson (7,2) a orchestré les transitions avec sa vista habituelle, tandis que L. Rafanomezantsoa (7,2) a gratté des ballons comme un mineur dans les sables d’Anakao. N’Zi, buteur du soir, s’octroie un 8,9 mérité, ce gamin de 22 ans qui porte déjà l’avenir des Barea sur ses épaules élancées. De­vant, Hakim Abdallah (7) et Andry Randrianantenaina (7) ont harcelé les défenses, sans pour autant forcer la note, du travail d’ouvriers solides, pas de stars en toc.
Cette victoire tonifiante arrive à point nommé après un automne contrasté. Les Barea avaient trébuché lourdement face au Mali (1-4) en octobre lors des éliminatoires Mondial, un uppercut qui avait laissé des bleus au visage. Mais avant cela, la moisson avait été belle : 2-1 contre les Comores, 3-1 face au Tchad, et un 2-0 sec contre la Centrafrique en septembre. Contre la Guinée Équatoriale, l’historique penche aussi en notre faveur, trois victoires en quatre confrontations, dont un 1-0 en 2018 pour la qualif’ CAN qui reste gravé dans les mémoires comme un hold-up parfait. Seule ombre au tableau : cette claque 0-2 en 2011 lors des barrages, mais hier, c’était l’heure de la revanche froide, servie sur un plateau turc.

Martins, ce tacticien français qui a su marier le flair malgache au réalisme hexagonal, peut souffler : ses protégés terminent l’année la tête haute, avec un bilan amical qui sent bon la confiance. Les Barea rentrent au bercail boostés, prêts à digérer ces leçons avant de viser plus haut en 2026.

Naisa

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