La Bibliothèque nationale de Madagascar à Anosy a accueilli, hier, la présentation de « Deux cœurs dans mon corps », le premier roman de Na Hassi paru aux éditions Project’iles, qui a remporté le mois dernier le Prix Vanille 2025 dans la catégorie œuvre de fiction.
Agrémentée par la sonorité percussive du steelpan de Faragasy, cette matinée littéraire a été l’occasion pour la romancière de lire un extrait du livre, qui traite de la violence, du tabou et de la résilience. Interrogée régulièrement par son lectorat pour savoir si l’histoire est la sienne, l’auteure s’est enfin livrée. « Il faut savoir que l’écriture n’est ni un divertissement ni un métier, mais tout un mode de vie. Donc oui, Deux cœurs dans mon corps relate tout ce que j’ai vécu pendant quatre ans d’écriture et les vingt-huit années durant lesquelles ma mère a travaillé au ministère de la Population, de la protection sociale et de la promotion de la femme », a-t-elle souligné. « C’est une manière pour moi de rendre au monde ce qu’il m’a donné : la colère, la tristesse, la peine, la joie, l’amour, mais surtout la gratitude ».
Le rendez-vous d’hier a réuni les acteurs du livre, les proches de Na Hassi et l’univers qui ont nourri sa passion pour l’écriture, notamment l’association Madagaslam et la Ligue des femmes écrivaines de Madagascar (LFEM). « Nous avons reçu beaucoup de femmes en détresse dans nos bureaux au ministère, et même jusque dans la maison, devenue parfois un centre d’écoute. C’est, sans doute, l’une des raisons pour lesquelles les conditions des femmes sont fortement ancrées dans ce roman », témoigne sa mère, qui est longuement revenue sur le parcours de l’artiste.
Selon l’auteure, cette cérémonie aurait dû se tenir lors de son retour au bercail, en octobre, mais la situation du pays en a décidé autrement. Elle a profité de l’occasion pour faire don d’un lot de livres destiné à étoffer les rayons de la Bibliothèque nationale.
Joachin Michaël




