Energie à Madagascar: Au-delà de la Jirama, un secteur complet mais encore fragile

Alors que la Jirama con­centre souvent l’attention, le secteur énergétique malgache s’appuie en réalité sur une chaîne de valeur bien plus vaste. Réseaux interconnectés, réseaux isolés, mini-réseaux, solutions modu­laires et kits autonomes composent un paysage multiple, mais encore fragile. Et divers obstacles persistent, surtout en zones rurales : des investissements coûteux et des procédures administratives longues freinent l’accès à l’électricité. Le cabinet d’ingénierie et de conseil « Phaos » l’a soulevé lors d’une session d’information destinée aux journalistes, hier, à son siège à Ankazobe Alasora.
Le recours au solaire, souvent présenté comme la voie la plus rapide pour réduire les délestages, ne constitue pas à lui seul une issue du­rable. Tokiniaina Razanako­lo­na, fondateur de Phaos, appelle à la prudence : « Une centrale solaire peut être dé­ployée en peu de temps, mais son rendement baisse sur le long terme. À l’inverse, l’hydroélectricité, plus stable et compétitive, figure parmi les pistes privilégiées ». Selon lui, Madagas­car dispose d’un potentiel énergétique important dont moins de 40 % seraient ex­ploités aujourd’hui.
Dans un pays où 36 % de la population a accès à l’électricité, la question énergétique dépasse la simple fourniture de kilowattheures. Elle conditionne la productivité des entreprises, l’accès aux services essentiels et, plus largement, la trajectoire de développement économique.

Des pertes, de la production à la distribution

L’ampleur du défi est aussi accentuée par les pertes enregistrées sur le réseau. Onja Mickaël Rahelison, administrateur général adjoint de Phaos, évoque que « près de 40 % de l’électricité produite s’évaporerait entre la génération et la distribution ». Une dérive attribuée à un réseau vieillissant et à des décennies de « politiques axées davantage sur la production que sur la maintenance ». Des solutions existent pourtant, notamment l’installation de kits anti-fraude destinés à sécuriser les lignes.
Acteur engagé dans l’énergie durable, Phaos intervient dans l’hydroélectricité, les renouvelables, les mini-réseaux et l’électrification rurale. Le cabinet plaide pour une « diversification des sources, combinant solaire, hydroélectricité, éolien et énergie marine, particulièrement adaptée aux zones côtières ». Il aspire à la maîtrise de l’ensemble de la chaîne énergétique, de la production à la consommation, en mobilisant ingénieurs, techniciens, secteur privé et partenaires financiers.

Arh.

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