Alors que la concertation nationale doit constituer le cœur de la Refondation, son démarrage se fait toujours attendre. A mesure que le calendrier électoral de 2027 se rapproche et que la Sadc réclame des réformes assorties d’échéances précises, chaque retard accroît la pression sur le gouvernement malgache.
La question n’est plus seulement de savoir comment se déroulera la concertation nationale, mais combien de temps il reste pour la mener à terme sans bouleverser l’ensemble du chronogramme. Plusieurs mois après les premières annonces, le processus reste encore dans sa phase préparatoire.
Le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), auquel les autorités ont confié le pilotage de la concertation, avait annoncé que les discussions commenceraient en août et pourraient se poursuivre jusqu’en mars 2027. Pourtant, à l’entrée de la deuxième semaine d’août, la mise en place officielle du comité de pilotage rattaché à la Primature se fait toujours attendre. Le 3 août, quatre bâtiments du Village Voara à Andohatapenaka ont été mis à la disposition du FFKM pour lui servir de quartier général. Cette étape logistique montre que les préparatifs avancent, mais ne dissipe pas totalement les interrogations sur le planning.
Variable politique
L’Exécutif explique les différents reports par des ajustements dans le but d’assurer une consultation inclusive. Après les débats devront venir la synthèse des propositions, les arbitrages politiques, les éventuelles réformes institutionnelles, la rédaction du nouveau cadre constitutionnel et sa validation populaire. De son côté, la Ceni a déjà placé deux échéances majeures à l’horizon, à savoir un référendum constitutionnel en juin 2027 et une présidentielle en octobre 2027. Plus le dialogue national prend du retard, plus ces différentes étapes risquent donc de se chevaucher.
La réussite de la concertation ne peut évidemment pas se mesurer à sa seule rapidité. Une consultation précipitée risquerait de produire l’effet inverse, à savoir des contestations, des exclusions et une absence de consensus. Mais un processus sans cesse différé exposerait la Refondation à une perte progressive de la crédibilité de son propre agenda.
A ce stade, le temps devient ainsi une variable politique à part entière. Chaque semaine consommée dans les préparatifs réduit le temps disponible pour transformer les conclusions des assises en réformes effectives. Pour la Refondation, le défi ne consiste donc plus uniquement à mener à bien la concertation nationale. Il est désormais temps de la boucler.
Tivo Rasam




