Face à un mécontentement croissant des usagers de l’internet qui dénoncent un coût exorbitant, les autorités lancent une nouvelle offensive. Pour clarifier la situation, quatre membres du gouvernement ont participé hier soir à une émission spéciale sur TVM et RNM. Objectif : expliquer les blocages actuels et tracer des perspectives.
Le ministre du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications (MIDSP), Mahefa Andriamampiadana, a reconnu que « la baisse n’est pas encore effective mais nous avançons dans ce sens ». A ce sujet, il affirme avoir multiplié les échanges avec les opérateurs et élaboré, avec son équipe, un plan d’action.
Mais plusieurs demandes formulées par les entreprises compliquent les négociations : « suppression des taxes sur les téléphones de moins de 100 dollars, exemption des prélèvements liés au mobile money ou encore abandon des droits d’accises ». Des revendications qui, selon lui, entraîneraient « des conséquences énormes » sur les ressources publiques destinées à des secteurs clés comme l’éducation ou la santé.
Le ministre de la Communication, Gascar Fenosoa, a été plus direct. « Nous sommes du côté des usagers. Ce ne sont pas les autorités qui bloquent la baisse des prix, mais le groupement des opérateurs téléphoniques ». Il estime que la meilleure issue réside dans l’ouverture accrue de la concurrence.
Ces propos ont été appuyés par le ministère de l’Economie et des Finances. Son secrétaire général, Iouri Garisse Razafindrakoto, a rappelé que le secteur a dégagé « 1.600 milliards d’ariary de chiffre d’affaires en 2023 », puis « 1.930 milliards en 2024 ».
Il ajoute que « les recettes fiscales associées (215 milliards d’impôts et 72 milliards de droits de douane) représentent à elles seules l’équivalent du budget annuel de certains ministères régaliens ».
De son côté, la ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Ndaohialy Manda-Vy Ravonimanantsoa, a insisté sur la nécessité de renforcer les équipements destinés aux étudiants, particulièrement dépendants d’un accès Internet abordable.
Opérateurs VS usagers
Pour rappel, dans un communiqué diffusé le 23 octobre 2025, l’Autorité de régulation des technologies de communication (Artec) annonce avoir interpellé l’ensemble des opérateurs téléphoniques afin « d’étudier, dans les plus brefs délais, un possible ajustement des tarifs en faveur des usagers ».
L’Artec assure agir en réponse à une vague de plaintes reçues ces dernières semaines, révélatrice d’une exaspération générale sur les coûts de connexion. L’autorité rappelle toutefois que conformément à la loi en vigueur, « l’Artec (…) ne fixe pas directement les tarifs appliqués par les opérateurs ». Elle souligne avoir déjà engagé, dès la fin de 2024, un processus de révision pour concilier viabilité économique des entreprises et pouvoir d’achat des consommateurs.
A en croire le ministre chargé de la communication, les négociations vont se poursuivre. D’autres rencontres sont prévues incessamment pour dénouer ce bras de fer.
Arh.




