Les industriels malgaches tirent une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Ils appellent les autorités à instaurer « un mécanisme fiscal plus juste ». Ils estiment en effet que le système actuel freine l’industrialisation et fragilise des pans entiers de l’économie. Pour eux, la justice fiscale pourrait créer un climat favorable aux investissements et soutenir une croissance durable.
Le secteur industriel rappelle que renforcer la production locale ne se limite pas à créer des emplois dans un pays où les jeunes peinent à s’insérer. C’est aussi garantir des débouchés aux agriculteurs. Plusieurs entreprises choisissent d’ailleurs d’acheter des intrants locaux, malgré un coût supérieur aux matières premières importées, afin de soutenir les filières agricoles nationales.
Parmi les industries les plus touchées, les brasseries figurent en première ligne. Partenaires de longue date des producteurs de maïs et d’orge, elles dénoncent une fiscalité qu’elles jugent incohérente. Aujourd’hui, une bière à 5,4 % d’alcool produite avec des matières premières locales, supporte un droit d’accises de « 850 ariary par litre ». A l’inverse, des boissons fortement alcoolisées, issues d’éthanol importé et titrant plus de 40 %, ne sont taxées qu’à 500 ariary par litre.
Quid des consommateurs ?
Pour les industriels, l’objectif n’est pas nécessairement de réduire la fiscalité sur un produit donné. Selon eux, il s’agit d’abord de revoir l’assiette de taxation en l’indexant, comme ailleurs dans le monde, sur la teneur en alcool afin de mieux répondre aux enjeux de santé publique.
Le leader du marché, la société Star, a réitéré ses préoccupations dans un communiqué publié le 30 octobre 2025. L’entreprise estime que la fiscalité actuelle est devenue «insoutenable». Elle rappelle qu’« entre 2020 et 2025, ces droits sont passés de 290 à 850 ariary le litre, soit une envolée de près de 293 %». Une hausse qualifiée de « démesurée » et lourde de conséquences. « Cette augmentation fulgurante a provoqué une flambée des prix, plaçant les produits hors de portée d’une population au pouvoir d’achat déjà fragilisé », souligne la Star.
L’entreprise met en garde contre les impacts économiques et sociaux d’une telle pression fiscale. Selon elle, c’est désormais la survie d’un pan entier de l’économie nationale qui est en jeu.
Arh.




