Convoqués par les députés hier à Tsimbazaza, dans le cadre du dossier Energie, le ministère de l’Energie et des hydrocarbures et le syndicat du personnel de la Jirama, ont décrit en détails les termes et la nature des contrats entre la Jirama et ses fournisseurs qui selon eux, n’ont pas produit les effets escomptés, entraînant la perte de centaines milliards d’ariary. Le ministère a même menacé de résilier les contrats si…
Dans le cadre de leur rôle de contrôle du gouvernement, les députés ont convoqué les parties prenantes de la Jirama, à commencer par le ministère de l’Energie et des hydrocarbures et les responsables de la compagnie, pour connaître la nature des contrats liant la Jirama à ses fournisseurs, qui ne génèrent pas des rentabilités, selon les explications.
« Il existe une incohérence dans les opérations d’achat et de vente au sein de la société Jirama », a révélé Anmora Ratovomanarivo, président du syndicat du personnel de la compagnie. D’après lui, les dépenses mensuelles de la Jirama s’élèvent à 170 milliards d’ariary, pour un chiffre d’affaires de 90 milliards d’ariary. Et 300 milliards d’ariary par an sont détournés.
« Des déclarations mensongères sont également constatées », a-t-il déclaré. « Sur les 90 milliards d’ariary qui entrent dans le circuit commercial, seuls 65 milliards sont déposés à la banque centrale, tandis que 25 milliards disparaissent chaque mois ».
« Il est possible de redresser cette entreprise publique », a-t-il déclaré. Le gouvernement doit miser sur le développement des énergies renouvelables. « Lorsque notre approvisionnement énergétique dépend de ces fournisseurs, rien n’est garanti. » Il a souligné qu’il est possible d’augmenter le chiffre d’affaires de l’entreprise à 120 milliards d’ariary et de réduire les dépenses.
Ventes à perte
Le gouvernement malgache a géré la centrale électrique de la Jirama de 1975 à 1996. Depuis, la compagnie nationale d’eau et d’électricité a repris la collaboration avec des partenaires pour fournir de l’électricité. « Par la suite, la Jirama a été carrément démantelée, y compris la centrale elle-même, et de nombreuses lois ont nui à l’essor de la Jirama », a déclaré le président du syndicat, ajoutant que « la libéralisation de la production, du transport et de la distribution d’électricité, qui aurait dû relever de la responsabilité de Jirama, a été entièrement confiée à ces fournisseurs».
Il a souligné que le gouvernement a toujours imposé sa propre politique de gestion de la Jirama, mais les dirigeants successifs, à commencer par le régime de Ravalomanana, ont chacun signé des contrats différents avec les fournisseurs d’énergie.
Anmora Ratovomanarivo a expliqué que « l’entreprise achète de l’électricité à un prix élevé, et les tarifs varient, mais la fiabilité des fournisseurs laisse à désirer au détriment des clients. Certains groupes ne fonctionnent même pas. Il est crucial de revoir les dispositions de ces contrats ».
Quant au président de l’Association de protection des consommateurs, Lalaina Razafindralambo, il a rappelé que la Jirama avait désigné sept entreprises pour l’achat du matériel nécessaire à l’installation du réseau d’eau potable en soulignant la difficulté d’obtenir les documents requis. « La population se plaint également de l’arrogance des employés de la Jirama et du manque de respect envers les clients », a-t-il martelé.
Audit interne
De son côté, le ministre de l’Energie, Ny Ando Jurice Ralitera, a rapporté la tenue de l’audit interne impliquant l’examen des dossiers des employés et hauts fonctionnaires de la Jirama. A ce sujet, « Nous allons proposer un aménagement de crédit afin que le ministère puisse lancer un appel à manifestation pour le recrutement d’un cabinet audit externe, pour garantir la transparence de la gestion financière au sein de Jirama », a-t-il fait savoir.
La réforme sera également mise en avant au sein du ministère de l’Energie et de la société Jirama. Le ministre a déclaré sans ambages que « le ministère ne se contentera plus de signer les propositions de la Jirama, mais examinera minutieusement chaque étape du processus et disposera d’une équipe technique dédiée. Un comité a également été mis en place, composé de représentants de la Présidence, du Primature, du ministère d’Etat chargé de la Refondation, du ministère de la Justice, du ministère de l’Economie et du ministère de l’Energie, pour évaluer attentivement les accords et vérifier les contrats. »
Le ministre se dit prêt à résilier tout contrat causant du préjudice pour le pays. « Ces contrats sont déjà en notre possession. Et il n’y a aucune honte à cela, mais s’ils sont jugés insatisfaisants, ils seront résiliés », a-t-il conclu.
Rova M




