La multiplication des cas de disparitions, d’enlèvements et d’assassinats touchant des enfants, des jeunes et des adultes, continue de susciter une inquiétude grandissante au pays. Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) et le Syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants de l’enseignement supérieur (Seces), sortent de leur silence. Ils appellent à éradiquer le mal à la racine.
Dans une déclaration publiée hier, le Syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs-enseignants de l’enseignement supérieur (Seces), section Antananarivo, tire la sonnette d’alarme sur une situation qui plonge de nombreuses familles dans « une profonde détresse », marquée par l’angoisse et l’incertitude face à la disparition de leurs proches. Il appelle les autorités à « éradiquer le phénomène à la racine » et ne pas se limiter aux interpellations de simples exécutants.
Pour le syndicat, les autorités ne doivent pas se limiter à évoquer les motivations supposées des auteurs ou à se renvoyer les responsabilités. Il appelle les institutions compétentes à apporter une réponse à la hauteur de la gravité des faits, en s’attaquant directement aux structures qui organisent ces crimes. Il va jusqu’à dire que Madagascar donne aujourd’hui l’impression d’être « pire qu’un pays en guerre ».
Avec fermeté, le Seces exigence l’identification et le démantèlement les réseaux responsables de ces actes criminels. Le syndicat estime que les simples arrestations de présumés auteurs ne suffisent pas à mettre fin au phénomène. Il demande aux forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux autorités judiciaires de remonter les filières, d’identifier les commanditaires et de lutter contre les éventuelles complicités. Il met également en garde contre une situation susceptible d’ébranler davantage la confiance de la population envers les institutions chargées d’assurer sa protection.
Tout en dénonçant fermement la situation, le Seces appelle également la population à rester vigilante et à garder son calme afin d’éviter les manipulations ou les réactions susceptibles d’aggraver les tensions.
Mécanismes de protection
De son côté, Transparency International Initiative Madagascar (TI-IM) appelle également à une réponse urgente face à ce qu’elle considère comme une crise nécessitant des mesures structurelles. Elle insiste sur la nécessité de renforcer toute la chaîne de réponse, allant de la prévention à la sanction, en passant par l’enquête et la justice. Elle réclame notamment une justice plus efficace, capable de mettre fin à l’impunité, avec davantage de moyens pour les investigations, un accompagnement juridique et psychologique des familles victimes, ainsi qu’une lutte contre les arrangements informels susceptibles d’affaiblir les procédures.
Transparency International demande également davantage de transparence publique. Elle plaide pour la publication des données concernant les cas recensés, les enquêtes ouvertes, les arrestations effectuées et les condamnations prononcées. Elle appelle également à renforcer les mécanismes de protection des enfants et des jeunes. Parmi les mesures évoquées, la mise en place de systèmes d’alerte rapide, la sécurisation des trajets scolaires et des espaces fréquentés par les jeunes, ainsi que l’utilisation efficace des outils de surveillance.
Pour Transparency International, la sécurité des citoyens ne peut pas reposer uniquement sur des opérations occasionnelles. Elle nécessite « une chaîne complète de responsabilité et de redevabilité » permettant de prévenir les crimes, enquêter rapidement, juger les responsables, démanteler les réseaux et sanctionner les complicités.
Tivo Rasam




