La Présidence de la Refondation de la République de Madagascar (PRRM) a fermement démenti toute implication dans la « perquisition » menée le 9 juillet à Ambohibao-Antehiroka, au cours de laquelle un groupe d’individus se serait présenté comme agissant au nom de la Présidence et des forces de sécurité.
Dans un communiqué publié le 10 juillet, la PRRM affirme n’avoir mandaté personne pour effectuer une quelconque perquisition et demande que les auteurs présumés de cette opération soient arrêtés pour usurpation de la qualité de service de l’Etat.
Pour rappel, selon les occupants d’une propriété privée située à Ambohibao-Antehiroka, jeudi matin, vers 8h 45, une vingtaine d’hommes cagoulés auraient pénétré de force dans la propriété en affirmant agir sur ordre de la Présidence. Ils se seraient présentés comme des gendarmes et auraient déclaré être munis de documents officiels, sans toutefois les montrer. Un individu se serait également présenté comme un conseiller spécial du Président, prénommé Florent.
Les occupants de la maison affirment avoir été immobilisés, privées de leurs téléphones et empêchées de communiquer avec l’extérieur pendant la fouille des lieux. Ils indiquent que plusieurs coffres auraient été ouverts et que de nombreux biens auraient été volés, notamment des bijoux, des sommes importantes en ariary, dollars américains, yuans chinois et monnaie thaïlandaise, ainsi que des ordinateurs, des téléphones et divers équipements électroniques. Le préjudice est provisoirement estimé à plus de 200 millions d’ariary, un inventaire complet étant toujours en cours.
Imposteurs
Alertées, les autorités auraient dépêché deux gendarmes en uniforme sur les lieux. Selon les occupants, les individus impliqués auraient commencé à quitter la propriété à leur arrivée et n’auraient pas été interpellés. Les victimes affirment toutefois disposer de photo et de vidéos permettant d’identifier plusieurs éléments ayant participé à cette opération. Elles souhaitent l’exploitation de ces images afin d’identifier l’ensemble des auteurs, de retrouver les biens dérobés et d’établir les responsabilités.
Dans un communiqué publié hier soir et signé par le directeur de la communication de la Présidence, le président Michaël Randrianirina déclare n’avoir donné aucun mandat pour effectuer des «perquisitions» et affirme que toute personne se présentant comme conseiller technique ou représentant de la Présidence, pour mener de telles opérations, agit de manière illégale.
Le communiqué qualifie ces individus d’«imposteurs» et demande aux autorités compétentes de procéder à leur interpellation. La Présidence rappelle par ailleurs que le chef de l’Etat dispose des canaux institutionnels nécessaires, notamment à travers le Premier ministre et les membres du gouvernement, pour faire exécuter les missions relevant des compétences de l’Etat.
Rakoto




