La proposition de baisse des tarifs internet présentée par les opérateurs télécoms, ne satisfait pas le gouvernement. Dans un communiqué conjoint publié dans la soirée de mercredi, trois ministères dénoncent des offres jugées trop limitées pour répondre aux attentes des usagers. « Trois petites offres conditionnées et temporaires », résument-ils.
Selon les autorités, les opérateurs auraient proposé d’augmenter les volumes des forfaits les plus courants : « 1,1 Go pour 3.000 ariary, 2,5 Go pour 5.000 ariary et 5,5 Go pour 10.000 ariary ».
Et comparées aux volumes actuels (550 Mo, 1,02 Go et 2,25 Go), ces hausses équivaudraient à une baisse de 50 % du prix au gigaoctet. Mais le gouvernement estime que c’est largement insuffisant. Ces offres «ne garantissent aucune réduction durable, et pour certaines, imposent l’usage du mobile money», déplorent les ministères du Développement numérique, de l’Économie et de la Communication.
Pour les autorités, ces propositions ne touchent «ni les forfaits majeurs ni les usages essentiels» tels que l’éducation, la recherche ou les démarches administratives. Elles affirment que les réductions doivent être «réelles, simples, visibles et applicables immédiatement» sur les offres que les Malgaches achètent chaque jour.
« Une vraie baisse des prix »
Le gouvernement pointe aussi du doigt une inégalité accentuée entre petits et gros consommateurs. «Les ménages à faibles revenus paient l’internet beaucoup plus cher que les plus riches». Un utilisateur disposant de 500 ariary par jour débourse ainsi l’équivalent de 5.000 ariary pour 1 Go, contre 2.000 ariary pour un abonné pouvant acheter un forfait à 200.000 ariary.
Une «situation injuste et socialement intenable», qui frappe notamment les jeunes, les familles modestes et les zones rurales.
Le désaccord porte également sur la fiscalité. Les opérateurs réclament la suppression de plusieurs taxes dites «structurantes». Une demande jugée inacceptable par l’Etat, qui refuse de modifier la loi de finances. Les ministères dénoncent une pression visant à obtenir «un avantage considérable» sans garantie de retombées pour les consommateurs. Les estimations avancées par les opérateurs, notamment sur les recettes pour 2026, seraient, selon eux, «des projections d’intérêts privés».
Face à ces tensions, le gouvernement prépare des décrets pour mieux encadrer les pratiques commerciales et renforcer la protection des usagers. «Les Malgaches attendent une réelle baisse des prix», affirment les ministères, qui promettent d’agir si les opérateurs ne revoient pas leurs positions, y compris «par l’ouverture de la concurrence».
Arh.




