Le public doit encore s’armer de patience car le dénouement de l’affaire “Anniversaire noir” à Ambohimalaza ne sera pas connu sous peu. D’après la garde des sceaux, ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo, hier à Anosy, d’autres personnes en dehors de celles déjà auditionnées, doivent encore être entendues, notamment les rescapés, les soi-disant « Papasôsy » ainsi que les inconnus observés dans les images enregistrées par les caméras de surveillance au moment des faits.
Le drame d’Ambohimalaza a touché une cinquantaine de personnes composées généralement de jeunes, dont au moins 35 ont succombé un à un depuis le lendemain des événements dans la nuit du 14 au 15 juin. Certains patients ont survécu et sont sortis de l’hôpital avant de se plaindre d’une rechute. De tels rebondissements ont notamment freiné le traitement de cette affaire.
« Les survivants n’ont jamais été auditionnés au niveau du tribunal, alors que ce sont les témoins vivants de ce qui s’est passé ce jour-là », a regretté Fanirisoa Ernaivo. Selon ses dires, ces rescapés ne se comptent pas sur les doigts d’une main comme il a été indiqué, mais ils sont plusieurs sans être connus comme plaignants ni comme invités à cette fête. Pourtant, ils souffrent encore des séquelles de ce drame et peuvent raconter le déroulement de l’événement.
Les « Papasôsy » devant les enquêteurs
« Seuls les proches des victimes ont porté plainte. L’audience publique n’aurait pas dû concerner que les quatre suspectes placées en détention préventive, ce qui a motivé la poursuite des investigations avant
le procès », a expliqué la ministre de la Justice. Des zones d’ombre subsistent encore sur ce qui s’est passé avant et pendant cette fête.
Longtemps niée par l’ancien régime, l’implication présumée de « Papasôsy » ou « Sugar daddies » dans cette affaire est maintenant remise sur le tapis. D’après la garde des sceaux, le dossier n’en fait pas mention, alors qu’il y avait plusieurs « Papasôsy » selon les bruits qui courent. Ces individus devront encore faire l’objet d’une enquête.
Lors du visionnage des images enregistrées par les caméras de surveillance installées dans la salle de réception à Ambohimalaza, plusieurs personnes ont été vues passer à cet endroit mais elles n’ont pas encore été entendues. En outre, l’évacuation sanitaire vers l’île Maurice a révélé des faits suspects autour de cet empoisonnement. Autant de zones d’ombre qui nécessitent des investigations plus poussées avant le procès.
LR




