A la suite de sa réunion du 20 novembre, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) assouplit sa lecture des événements à Madagascar. Sans lever la suspension du pays de ses organes officiels, l’organisation renonce à parler de « coup d’Etat » et ouvre la porte à un accompagnement élargi, appelant les autorités malgaches à définir une feuille de route politique inclusive et assortie d’un calendrier précis.
Le communiqué transmis au ministère des Affaires étrangères par la Mission permanente de Madagascar à Addis-Abeba confirme un changement de ton : le CPS ne qualifie plus les événements récents de « coup d’Etat militaire » ni de « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». L’UA opte désormais pour une analyse plus mesurée de la situation.
L’organisation indique vouloir appréhender la crise malgache dans sa globalité, en tenant compte des causes profondes sociales, économiques et institutionnelles qui influencent la vie politique du pays.
Le CPS renonce à la mesure d’isolement politique et diplomatique imposée aux autorités malgaches. Cette décision ouvre la voie à un réengagement progressif entre Madagascar et les instances continentales et internationales.
Le Conseil recommande à la Commission de l’Union africaine d’inclure Madagascar parmi les bénéficiaires potentiels de la Facilité africaine de soutien aux transitions inclusives (FASTUI), un programme assorti d’un appui technique et financier du Pnud, destiné aux pays en transition.
Feuille de route
Malgré ces avancées, Madagascar demeure suspendu des organes statutaires de l’UA. L’organisation demande aux autorités d’élaborer en urgence une feuille de route politique claire, inclusive et temporellement définie, intégrant les besoins de la population et les aspirations de la jeunesse.
L’UA se dit prête à accompagner le processus, tant sur le plan technique que financier, pour soutenir une transition stable et consensuelle.
Madagascar salue l’évolution de la position de l’Union africaine
Dans un communiqué publié le 30 novembre, le ministère des Affaires étrangères a exprimé sa satisfaction après la publication du communiqué du CPS de l’UA, adopté le 20 novembre. L’UA y reconnaît les efforts déployés par les autorités malgaches pour renforcer la stabilité institutionnelle et faire progresser la Refondation nationale.
Le gouvernement souligne plusieurs points marquants : la réaffirmation par l’UA du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de Madagascar, l’appréciation de la coopération entre Antananarivo et l’organisation panafricaine, ainsi que la volonté de maintenir et renforcer les partenariats, notamment socioéconomiques et humanitaires.
Madagascar se félicite également de la perspective d’un renforcement de la présence de l’UA dans le pays, via la relance des activités de son Bureau de liaison. Le gouvernement y voit un appui clair aux efforts engagés, et réaffirme sa disponibilité à poursuivre une collaboration étroite avec l’UA, dans l’intérêt de la stabilité et du développement national.
N.A.




