Pour la première fois de sa jeune carrière, Natacha Emiliame Razafindrakalo pose ses valises à Tokyo. A 22 ans, la judokate malgache classée 79e mondiale part à la conquête du Grand Chelem le plus prestigieux de la planète.
Engagée dans la catégorie des moins de 48 kg, Natacha Emiliame Razafindrakalo est la seule représentante du continent africain parmi seize combattantes. C’est un baptême du feu, un rêve éveillé, un défi incroyable.
Elle arrive avec deux médailles de bronze continentales en poche, l’une chez les seniors à Abidjan en avrilr, l’autre en juniors l’année précédente. Natacha Emiliame est formée dans le dojo familial d’Antsirabe. Son style est direct, presque brutal : elle attaque en kumikata inversé, cherche le déséquilibre immédiat, et lorsqu’elle tombe au sol, elle se bat comme si chaque seconde était la dernière. C’est cette fougue africaine, encore brute, qui pourrait devenir son arme la plus dangereuse.
A Tokyo, Shirine Boukli, Wakana Koga, Mary Dee Vargas Ley ? les trois premières têtes de série ont toutes déjà goûté au podium olympique ou mondial. Natacha, elle n’a jamais connu la pression d’un public japonais, ni le stress d’un golden score face à une adversaire classée dans le top 10. Son voyage depuis Antananarivo a duré plus de 20 heures, le décalage horaire lui colle encore aux paupières, et pourtant, dans ses yeux, on lit une sérénité étrange, celle qui n’a rien à perdre.
Naisa




