Malgré les explications apportées par les responsables de la Jirama et le ministère de tutelle, convoqués devant l’hémicycle, sur la nature du contrat entre la compagnie nationale d’eau et ses fournisseurs, plusieurs points restent à éclaircir nécessitant la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire dont les membres ont été élus hier à Tsimbazaza, en présence de la ministre de la Justice et du ministre de l’Energie.
Loin d’un effet d’annonce, l’Assemblée nationale a procédé hier soir à l’élection des membres de la commission d’enquête parlementaire sur la gestion de la Jirama, conformément à l’article 93 de la Constitution, qui confère au Parlement le pouvoir de contrôler les actions du gouvernement et la gestion des fonds publics à la proposition. A cet effet, le député de Benenitra, Faralahy Célestin Razafindramasy, est élu président de la commission composée de 15 députés.
Selon le nouveau président, le nouveau plan de restructuration visant à redresser cette entreprise publique, devrait passer au crible, y compris les contrats établis avec les fournisseurs. Depuis que l’Assemblée nationale se saisit de l’affaire, des députés ont dénoncé la gestion opaque de la Jirama au détriment des usagers, à l’origine des délestages chroniques.
Sur ce point, la ministre de la Justice Fanirisoa Erinaivo, a affirmé qu’il existe un conflit d’intérêts au sein de la Jirama et que passer à la loupe sa gestion, s’impose. Elle a insisté sur le fait que cette enquête ne devait pas se limiter à « pêcher des petits poissons, mais plutôt s’attaquer aux gros poissons, voire aux requins », selon ses propres termes.
Dans cette optique, Fanirisoa Erinaivo a souligné qu’il serait judicieux que l’enquête parlementaire se concentre spécifiquement sur la mauvaise gouvernance au sein de cette entreprise publique. De nombreux contrats doivent être révisés car ils sont constamment renouvelés. «Il y a conflit d’intérêts, c’est pourquoi une enquête s’impose », a-t-elle déclaré.
Le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures a également sollicité l’Assemblée nationale pour l’ouverture d’une enquête parlementaire destinée à clarifier les dysfonctionnements persistants au sein de la Jirama.
Nouveau plan de restructuration
La mise en place de la Commission d’enquête a pour but d’identifier les problèmes et proposer des solutions pertinentes, menant vers l’élaboration du nouveau plan de restructuration et de redressement de la Jirama. La question de savoir si les contrats en cours avec les fournisseurs, seraient résiliés, reste pour le moment sans réponse, même si de nombreux députes ne sont pas contre l’idée, après avoir constaté des lacunes dans la gestion des contrats.
Rappelons que mercredi à Ivato, le président de l’Assemblée nationale a promis trois enquêtes parlementaires. Et celle de la Jirama figure en haut de la liste, mais les cas d’Air Madagascar et les ristournes versées par la compagnie minière Ambatovy, sont également en ligne de mire.
Rova M




