L’observatoire Safidy, une plateforme de la société civile spécialisée dans l’observation des processus électoraux, met en garde contre un risque élevé d’élections non inclusives et non crédibles à Madagascar, en l’absence d’actions urgentes pour encadrer juridiquement et politiquement la transition en cours.
Cette alerte intervient après les événements de septembre, marqués par une mobilisation nationale portée notamment par la Génération Z. A la suite de cette crise, un nouveau pouvoir a été instauré le 14 octobre 2025, après la constatation de la vacance des principales institutions de l’Etat, ouvrant une phase de refondation du pays.
Safidy souligne que l’autorité de l’Etat est aujourd’hui exercée sans mandat électif direct, dans un cadre extraconstitutionnel encore mal défini. L’organisation dénonce notamment l’application sélective de la Constitution, en particulier le non-respect de l’article 53 sur les délais électoraux, l’absence de cadre clair pour la transition, ainsi que les controverses entourant l’organisation des Assises nationales.
L’organisation s’inquiète également de la fragilité du climat politique, des nominations contestées au sein de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), de lacunes persistantes dans les lois électorales et d’une liste électorale fortement remise en cause, qui nécessiterait une refonte en profondeur.
Face à ces constats, Safidy appelle à une concertation nationale inclusive pour définir une feuille de route claire de la transition, à l’organisation d’Assises nationales élargies et méthodologiquement solides, ainsi qu’au renforcement de l’éducation citoyenne, en particulier auprès des jeunes.
Safidy exhorte enfin les autorités actuelles à engager un dialogue sincère avec l’ensemble des acteurs nationaux, afin de garantir une transition concertée et poser les bases d’élections libres, justes et crédibles.
N.A




