Compter sur ses propres forces

La capture et l’exfiltration du président vénézuélien en exercice Maduro par l’armée américaine marquent un nouveau cas sans précédent dans le cadre des relations internationales. La souveraineté nationale d’un pays a été foulée du pied, au propre comme au figuré.
Bien évidemment, les réactions des pays « amis » ou non du Venezuela n’ont pas tardé à venir de tous les côtés. Mais quoi qu’il en soit, le recours flagrant à la force par les Etats-Unis contre un Etat souverain constitue une violation flagrante du droit international.
Pour le moment, comme d’habitude, il ne s’agit que de condamnations verbales. De toutes les façons, il ne faut pas s’attendre à une réaction directe des pays « amis » du Venezuela. Un affrontement direct n’est pas envisageable car ce ne serait pas dans l’intérêt respectif des belligérants.
Certes, les Etats-Unis ont usé de la force en effectuant des bombardements sur le territoire du Venezuela. Mais une réponse analogue des alliés du Venezuela n’est pas pensable car dans ce cas, tout le monde y perdra des plumes. Donc, on n’a pas à craindre une confrontation directe.
Le vrai problème est qu’on sait quand commence une éventuelle confrontation de ce genre, mais on ne sait jamais quand et comment elle va se terminer. C’est pourquoi, les pays dits puissants évitent de tomber dans cette éventualité car elle mettrait en péril toute l’humanité.
Ce cas sans précédent est dangereux car elle ouvre la porte à la possibilité d’intervention directe d’un pays dans un autre pays au mépris de la souveraineté du pays agressé. Il va sans dire que c’est toute l’Amérique du Sud qui pourrait subir les conséquences d’un tel acte.
Il faut remarquer que l’intervention américaine a été accueillie différemment par chaque pays. Si beaucoup de pays l’ont condamnée, d’autres l’ont saluée car elle aurait permis la libération du peuple du Venezuela vis-à-vis un dictateur. Seul, ce peuple du Venezuela pourra l’apprécier à juste titre.
Dans tous les cas, cette intervention directe de l’armée américaine servira de leçon à tous les pays qui misent sur la « protection » d’un pays ami contre l’agression venant d’un pays tiers. Les alliances se font et se défont en fonction des intérêts respectifs et changeants des soient-disant alliés.
Quoi qu’il en soit, on remarquera également que même la communauté internationale se trouve être impuissante face aux agissements de certains pays, notamment ceux qu’on qualifie de « puissants ». Pour cette raison, pour chaque pays, aussi faibles soient-elles, avant tout, il ne faut compter que sur ses propres forces.

Ranaivo Lala Honoré

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