Vœux et ambitions

Pour une rentrée, c’en est une. Coïncidence ou hasard du calendrier, plusieurs ténors des formations politiques, avec leurs partisans bien évidemment, ont choisi le week-end dernier pour présenter leurs vœux. Des rassemblements aux allures de démonstration de force pour les uns, de séance de réanimation de l’espérance pour les autres.
À entendre les discours bien rodés, on se serait presque cru en période électorale. Pourtant, officiellement, nous n’y sommes pas encore. Mais qu’importe, la politique a ceci de particulier qu’elle n’attend jamais vraiment le coup de sifflet pour entrer sur le terrain. C’est ça la démocratie, dit-on.
Toujours est-il que ces derniers temps, la tenue d’élections ne figure plus vraiment parmi les éléments de langage favoris des nouveaux dirigeants. On parle davantage de refondation et d’autres priorités. Des notions respectables, certes, mais qui ne sauraient durablement remplacer le verdict des urnes. Pourtant, le régime s’est donné deux ans pour boucler la Transition. Le chronomètre est déjà enclenché, même si personne ne semble regarder l’heure avec la même insistance.
Alors, faut-il croire à cette échéance ou la ranger dans la longue liste des bonnes intentions politiques ? L’histoire récente invite à la prudence. L’appétit du pouvoir vient souvent en mangeant. Et rares sont ceux qui, une fois bien installés à table, acceptent volontiers de céder leur place.
Espérons que cette fois sera différente. Que la rentrée politique ne se transformera pas en interminable saison sans finale, et que les discours de vœux finiront par déboucher sur un rendez-vous clair avec les urnes. Car au bout du compte, c’est bien là que se joue la crédibilité de toute transition, c’est dans la capacité à rendre le pouvoir… avant que le pouvoir ne rende accro.

Rakoto

Partager sur: