Quand l’anormal est normal

Nous y revoilà. Chaque année, de novembre à mars, la saison des pluies est synonyme de dégradation des routes à Madagascar, pas seulement nationales dont certaines sont même devenues impraticables, mais également urbaines, comme c’est le cas du côté des 67ha et environs ainsi qu’à Besarety, se transformant en un véritable parcours du combattant pour les automobilistes.
En quelques semaines à peine, le même « phénomène » se produit sous l’œil impuissant des riverains et des usagers. Cela commence toujours par la formation des nids de poule, avant de laisser la place aux trous « gigantesques » comme des plaies béantes au milieu des chaussées. L’état des routes laisse vraiment à désirer.
Et la pluie n’est pas la seule responsable. Force est de constater un défaut d’entretien normal de l’ouvrage public qui engagé la responsabilité de l’Etat et l’entreprise concessionnaire.
Pour rappel, la portion Vatobe reliant la Digue qui se trouve dans un piteux état aujourd’hui, a déjà fait l’objet d’une réhabilitation et inauguration officielle en 2023 qui a généré des coûts financiers importants. Et là où le bât blesse, c’est que des canaux de drainage pour évacuer l’eau pluviale ont été aménagés sur cet axe, mais obstrués par des déchets et ordures.
Puis comme il fallait s’y attendre au moment où les usagers de la route exaspérés commencent à s’interroger, on annonce le début des travaux de réhabilitation avec quelques coups de pelle et un peu de graviers, tout sachant qu’il s’agit des travaux de réfection de fortune.
Le plus inquiétant, finalement, n’est peut-être pas l’état des routes, mais ce sentiment de fatalité face à cette situation. On s’y habitue. On ralentit machinalement, on slalome entre les trous, on serre les dents quand la suspension du taxi-be crie au secours. Et quand, par hasard, une portion de route est bien refaite, on s’étonne presque. Comme si le normal était devenu exceptionnel.

Rakoto

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